2026 (imprévisible)

Un continuum qui, au-delà du formel, n’a pas de clôture immédiate. Cela semble être le meilleur concept pour définir la transition entre 2025 et 2026. Le monde évolue si vite qu’il n’y a aucune chance de digérer une fermeture du cycle. Cette convention sociale qui cherche à segmenter le temps, peut-être à encapsuler la mémoire, échoue face à des situations qui ne font que s’intensifier. Gaza, la Russie et l’Ukraine, la persécution des migrants, le virage à droite qu’a pris l’Amérique latine : la complexité de ces situations ne connaît pas la fin de l’année. Ils suivent leur rythme quels que soient les calendriers, les pauses ou les soirées.

Ici, de ce côté-ci des Caraïbes, le panorama géopolitique provoque également la même sensation. Les États-Unis, fidèles au destin que la Providence leur a donné, comme l’a dit Bolivar, ont proposé de ravager la région par la misère de nouvelles manières. Ce qui a échoué malgré l’imposition de centaines de mesures coercitives unilatérales, dont les effets continuent de peser sur notre vie nationale, cherche maintenant à être consommé par un blocus naval contre le Venezuela et la réitération d’un aveu : la question est le pétrole. Donald Trump l’a admis en 2023, lorsqu’il a reconnu les dégâts infligés lors de son premier mandat et le but de ce siège : « Le Venezuela était sur le point de s’effondrer. Nous l’aurions repris, nous aurions gardé tout ce pétrole. »

Pour une raison quelconque, au début de 2025, ces révélations étaient restées en sommeil pour la majorité, alors que certains analystes soulignaient que Trump agirait de manière plus prudente et plus intelligente. D’autres, en revanche, ont demandé d’éviter la tentation de se reposer sur ses lauriers devant quelqu’un qui n’a pas caché ses intentions. Il semble que ces derniers, même s’ils ont raison, ne sont pas à la hauteur de leurs projections. Avec la pensée MAGA, nous ne pouvons même pas parler d’un seuil de surprise.

Alors que le champ géopolitique n’a pas de limite, les Vénézuéliens, dans leur vie quotidienne, ont pris le chemin inverse. Les grandes agences de presse montrent un pays qui continue sur sa lancée, malgré les menaces, les folies du marché informel des changes et l’auréole pessimiste de ceux qui, avec ou sans boule de cristal, prédisent des temps de restrictions et d’impossibilités. Pour certains, c’est le symptôme d’un pays qui préfère résister et vivre. D’autres regardent ces jours passer en attendant cette « explosion », ce boom qui marquera le début d’un nouveau chaos.

La situation donne lieu à autant de lectures qu’il existe de positions et de désirs politiques sur ces terres. Nous en savons beaucoup sur cela, quel que soit le côté où bat notre cœur politique. Il y aura toujours ceux qui miseront sur un peuple courageux. Il y aura aussi ceux qui espèrent – ​​ou prient – ​​pour une destruction collective. Chaque personne décide où elle se situe, mais si nous voulons comprendre les temps à venir, nous devons nous lire différemment en tant que peuple, en tant qu’individus et en tant que partie de ce tissu social que nous appelons la Patrie. Que se passe-t-il en 2026 ? Ce sera aussi (imprévisible) que notre façon de comprendre – vraiment, vraiment – ​​le pays.