Ce dimanche 27 février, les rues des principales villes de Colombie se sont remplies de personnes qui ont décidé d’unir leurs voix pour exprimer leur rejet de la décision prise lundi dernier par la Cour constitutionnelle de dépénaliser l’avortement jusqu’à 24 semaineset demander au tribunal de grande instance d’annuler cette décision.
Comme prévu, la décision de la Cour constitutionnelle a généré une énorme division parmi les Colombiens, car si certains secteurs ont célébré la décision, les secteurs conservateurs ont annoncé qu’ils recourraient à différentes voies légales pour le rejeter.
Les manifestants, certains appartenant à « l’Armée pro-vie », se sont rassemblés dans le centre de Bogotá avec des affiches avec des phrases telles que « Tuer des innocents n’est pas un droit, ce n’est pas non plus la liberté » ou « La médecine a été créée pour sauver des vies, pas pour y mettre fin ».
« Nous sommes extrêmement préoccupés par le fait que la Cour constitutionnelle outrepasse une fois de plus ses fonctions au sein de l’État de droit social et démocratique en supprimant, de manière illégitime, la fonction législative du Congrès de la République, qui a nié à plusieurs reprises l’avortement, pour établir un prétendu droit qui menace la vie des enfants à naître en Colombie, remplaçant ainsi la Constitution politique où il est établi dans son article 11 que le droit à la vie est inviolable », souligne l’entité chrétienne Ríos de Vida.
De même, les dirigeants de l’initiative Ils ont demandé aux magistrats ayant voté en faveur de la dépénalisation de l’avortement de démissionner de leurs fonctions publiques.et qu’ils répondent judiciairement pour avoir accepté un tel fait.
Il convient de noter que la décision prise par la Cour constitutionnelle ne supprime pas le crime d’avortement du Code pénalcomme le prétend le procès, au lieu il permet aux femmes d’interrompre volontairement leur grossesse jusqu’à 24 semaines.
De cette façon, La Colombie a adopté un modèle mixte, avec l’avortement gratuit jusqu’à cette date et les causes qui existaient déjà depuis 2006 (danger pour la vie ou la santé de la mère, malformation du fœtus et inceste ou viol) le reste du temps.
Pour sa part, le Président de la République, Ivan Ducse référant à l’arrêt de la Cour, a assuré que craint que l’avortement ne finisse par être utilisé comme méthode de contrôle des naissances et qu’il est valable de continuer à exercer l’objection de conscience par des médecins qui n’acceptent pas de la pratiquer.