La justice détermine le retour de l’incitation aux œuvres utilisant un langage neutre

São Paulo – Le Tribunal fédéral a suspendu une ordonnance émise par le Secrétariat spécial à la culture interdisant l’utilisation d’un langage neutre – ou non binaire – dans les œuvres financées par la loi Rouanet. La décision prend effet immédiatement. Ce type de langage est un concept défendu par des militantes des mouvements féministes et LGBTI+ pour décaractériser le « binarisme » dans le langage. C’est-à-dire l’idée que certains mots sont nécessairement féminins ou masculins.

L’ordonnance est sortie en octobre dernier dans le Journal officiel de l’Union, signé par le secrétaire à la promotion et à l’incitation à la culture, André Porciúncula. À l’époque, il avait tweeté que l’ordonnance était une décision du secrétaire Mário Frias. Pour les assistants de Jair Bolsonaro, qui avaient déjà combattu à la fois le langage non binaire et la loi Rouanet depuis sa campagne, ce « langage neutre détruirait les matériaux linguistiques nécessaires au maintien et à la diffusion de la culture ».

Pour le ministère public fédéral (MPF), qui a porté plainte devant la justice, le texte instaure une censure préalable. De plus, il renforce le capacitisme et constitue un obstacle à l’exercice pluriel du droit à la culture.

La députée Alice Portugal (PCdoB) a célébré. « C’est un pas en arrière que de vouloir mettre son veto à un langage neutre car il propose l’inclusion et vise à garantir une politique culturelle avancée, démocratique, plurielle et innovante ! », a-t-il écrit sur son compte Twitter.

Le Parquet fédéral pour les droits des citoyens s’est également exprimé. « L’interdiction d’utiliser un langage neutre constitue une censure ».