Les Charmes – Dernières Nouvelles

Dans la mémoire collective des habitants des Andes vénézuéliennes, l’idée de charme persiste. Ce sont des entités qui séduisent ceux qui s’aventurent dans des endroits incommodes, défiant leur chance et donc « sont enchantés » et dans le meilleur des cas, avec une bonne frayeur. Les histoires de charmes font partie de mes souvenirs d’enfance, dans la voix des plus grands. Aujourd’hui, j’ai appris avec un certain étonnement qu’ils ne sont pas exclusifs à notre pays, mais que nous partageons cet aspect culturel avec d’autres peuples des régions andines de notre Amérique du Sud.

Comme tout notre pays, j’ai suivi de près les opérations qui se déroulent dans diverses instances étatiques, où il y a des signes de corruption, ainsi que l’implication de partenaires présumés dans le domaine de l’activité économique privée. Les images des accusés, vêtus de costumes orange, s’adressant à une audience devant le tribunal qui poursuit l’affaire contre eux, ont été inédites.

Comme tout le monde, on s’interroge sur les fils de discussion, qui ne sont pas publiés et ceux qui sont encore accroupis en attendant que l’orage passe. Et dans ce contexte, je me suis souvenu de ces charmes que j’entendais enfant, dans le sens où il est aussi pertinent de se demander comment ces compañeros et compañeras de la Révolution en viennent à être accusés de tels actes ?

Les charmes des histoires que j’entendais étaient de désorienter les gens et de leur faire perdre leur chemin. Aujourd’hui on peut appliquer ce même motif, puisque ces compañeros et compañeras, jusqu’à récemment camarades, ont succombé aux charmes, qui sont maintenant autres, comme la cupidité, la vanité ou l’orgueil, par exemple.

La question se pose aussi : comment ne s’en est-on pas rendu compte avant, je veux dire en tant qu’institution, car cela demande un examen approfondi pour s’occuper des petites choses où il y a de la corruption, ce qui nous permet d’agir à temps.

A la fin de cette semaine passée, le militantisme chaviste s’est manifesté, avec le slogan : « les bons sont plus », chose dont je ne doute pas, mais les bons doivent avoir la capacité de neutraliser ceux qui ne sont pas bons, car si nous ne le faisons pas, même s’ils sont peu nombreux, ils nous imposeront leurs canons et ils le seront comme le dit Tsun Zu, en parlant de corruption ; comme les termites qui vont nous affaiblir de l’intérieur et nous rendre vulnérables, face à l’ennemi.