La consommation d’énergie triple dans les villes qui doublent de taille, selon une étude internationale – Jornal da USP

Une étude publiée dans la revue « Proceedings of the National Academy of Sciences » a utilisé des images satellites de près de 6 000 villes africaines pour créer un modèle mesurant la dépense énergétique liée à la mobilité

Par Guilherme Castro Sousa

Plus les villes grandissent, plus les distances que doit parcourir la population augmentent, ce qui augmente les coûts énergétiques avec la mobilité – Photo : Freepik/Fotomontagem : Revue USP

ETm article publié dans la revue Actes de l’Académie nationale des sciences (PNAS), Rafael Prieto-Curiel, chercheur au Complexity Science Hub de Vienne, en Autriche, a analysé les coordonnées et la surface de 183 millions de bâtiments dans près de 6 000 villes du continent africain. Les travaux ont montré qu’en doublant leur taille, les villes triplent leurs dépenses énergétiques liées à la mobilité.

Pour étudier une zone aussi vaste, les scientifiques ont utilisé la base de données Open Buildings de Google, qui contient le contour des différents bâtiments des villes analysées. Avec l’aide d’outils d’intelligence artificielle, les chercheurs ont pu traiter toutes ces informations. Le modèle créé a permis de quantifier le format de ces villes.

Karin Regina de Castro Marins – Photo : Researchgate

Selon l’ingénieur et professeur du Département de Génie Civil des Constructions de l’Ecole Polytechnique (Poli) de l’USP, Karin Marins, « culAprès cette étape, il y a eu un effort très important dans le sens d’établir aussi les relations mathématiques » entre les paramètres présents dans l’étude. Selon elle, « les villes africaines sont un groupe de développement urbain qui se distingue par la rapidité de la croissance démographique et la transformation de l’environnement naturel en environnement bâti ».

L’expert explique que, selon l’article, plus les villes grandissent, plus les distances que doit parcourir la population sont grandes, ce qui augmente les coûts énergétiques avec la mobilité. A ce sujet, l’ingénieur prévient que, « quand on parle d’énergie, on ne peut pas parler que des sources d’énergie, on parle de transport et on ne peut pas simplement parler de l’offre de nouveaux moyens de transport », il faut regarder le  » composition du tissu urbain » .

Pour le professeur, le défi posé par la recherche nécessite une réponse globale, car les impacts environnementaux de la croissance urbaine en Afrique affectent le monde entier. Pour elle, « une grande quantité d’énergie et une population nombreuse nécessiteront de nouveaux modes d’utilisation de la technologie et de nouveaux modes de mobilité urbaine ». Par conséquent, en incluant ce problème dans le débat mondial sur la durabilité, il sera possible d’y faire face de manière adéquate.

Pour le professeur, les conclusions des travaux ouvrent la porte à la résolution de problèmes non seulement en Afrique, mais dans le monde entier. « WChaque situation mérite une nouvelle simulation, des adaptations, etc. Mais cette étude démontre qu’il existe des relations entre des indicateurs et des paramètres de zones supposées isolées », suggère-t-il.