Selon Christian Dunker, les phobies se forment à partir de situations marquées par une forte ambiguïté affective, dans lesquelles l’individu personnifie le mauvais côté d’une relation
par Julia Galvao


Les phobies peuvent être classées comme un trouble anxieux causé par une peur excessive d’un objet ou d’une situation. Actuellement, elles sont classées en cinq catégories : phobies animales, naturelles-environnementales, situationnelles, corporelles et sexuelles. Une phobie ne rentre pas toujours dans l’une des catégories présentées et certaines d’entre elles peuvent générer de l’étrangeté, comme la peur des gros mots, des odeurs et même des légumes.
Ses origines peuvent être associées à différents facteurs et situations, et il est courant qu’elles découlent de certains moments traumatisants vécus par le sujet. Christian Dunker, psychanalyste et professeur à l’Institut de psychologie de l’USP, commente que les phobies peuvent être traitées en fonction de la compréhension des raisons de leur existence.
Afin de comprendre les phobies, il est important de faire la différence entre elles et le sentiment de peur. Le spécialiste commente que, alors que la peur se présente comme une adaptation phylogénétique, aidant l’individu à évaluer l’environnement dans lequel il se trouve, la phobie se présente comme une peur paradoxale. « Les objets phobiques sont toujours formés dans le fantasme, ce sont des réactions non spécifiques, donc peu congruentes avec la situation en question. »
Origines
Les phobies ne proviennent pas toujours de traumatismes. Selon le psychanalyste, « ils sont, comme tous les symptômes, des solutions à un ensemble d’affections et de désirs incompatibles. Par exemple, j’ai beaucoup d’affection pour ma mère, mais je veux aussi qu’elle aille dans l’espace ». Ainsi, les phobies se forment à partir de situations marquées par une forte ambiguïté affective, dans lesquelles l’individu personnifie le mauvais côté d’une relation, tout en séparant et en prenant pour lui le côté positif.
De plus, il est possible que les phobies naissent d’une augmentation de l’anxiété qui agit comme un élément perturbateur. L’enseignant explique que, souvent, ils sont liés à des expériences de satisfaction sexuelle profonde ou de plaisir profond, qui finissent par aller à l’encontre des valeurs auxquelles ce sujet s’identifie. Dans ces scénarios, les phobies sont liées à des « souvenirs de ce dont on ne se souvient pas ».

les types
Les phobies les plus fréquentes sont celles dans lesquelles l’individu a peur d’un certain type d’animal. « Les animaux sont un excellent support pour le familier. Ils ne sont pas soumis aux mêmes lois qui sont imposées aux hommes, ils sont donc une excellente base pour ce nouveau fantasme. Par conséquent, les phobies les plus courantes sont basées sur ces objets qui nous représentent bien », explique Dunker.
Les phobies inhabituelles s’expliquent par le choix de l’objet phobique, puisque n’importe quel objet peut être choisi, même ceux que nous ne reconnaissons pas de cette manière. Selon le spécialiste, ils dérivent des fantasmes des sujets, pour autant qu’ils correspondent à la situation qui a provoqué cette peur, puisque les déterminations phobiques ont un grand rapport avec les mots.
Le professeur ajoute que certaines des phobies ont une lignée maternelle, qui sont celles qui impliquent la peur d’être avalée, pressée ou trop impliquée. Tandis que ceux qui se rapportent à la force, au pouvoir et à la violence trouvent leur origine dans une langue paternelle. Ainsi, certaines des phobies peuvent développer d’autres symptômes psychologiques, allant des structures d’évitement aux attaques de panique.
Comment traiter les phobies ?
Les phobies présentent des degrés différents, par conséquent, différents traitements seront proposés à chacun des patients. Le spécialiste commente que le traitement des phobies a deux objectifs : le premier est lorsque le désir est d’éliminer la peur, cela se fait généralement par le biais de psychothérapies. Ainsi, à travers la psychanalyse, la recherche des raisons qui ont rendu nécessaire la création de cette phobie est effectuée. La seconde est représentée par des processus mécaniques, dans lesquels l’individu apprend à gérer la peur grâce à la réduction de l’anxiété liée à un certain objet ou à une situation.
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