La chronique de Marisa Midori sur le livre de Roberto Calasso « Comment organiser une bibliothèque » a des répercussions négatives
J’ai reçu une lettre du Conseil régional des bibliothèques – 8e région – São Paulo, signée par sa présidente, Ana Claudia Martins, et par la directrice financière, Dina Elisabete Uliana. Je ne vais pas lire le texte dans son intégralité, mais la critique qui m’a été faite m’a semblé très juste.
Lorsque j’ai commenté le livre de Roberto Calasso, j’ai dit que j’avais essayé d’organiser ma bibliothèque à l’aide d’un logiciel. Tout mon travail consistait à lire le code-barres du volume avec mon téléphone portable et, à partir de là, la reconnaissance de l’édition se faisait par l’ISBN. Les représentants du conseil d’administration ont fait valoir que je n’avais pas simplement réduit le métier de bibliothécaire à une vision simpliste du rangement des livres sur une étagère. Et, ce qui est pire, j’ai suggéré que les logiciels peuvent, aujourd’hui, remplacer toutes les connaissances acquises en bibliothéconomie. C’est vrai que je parlais d’une expérience personnelle ratée ! Et d’un livre d’un éditeur, Roberto Calasso, qui propose des réflexions sans méthode sur l’art de collectionner et la bibliophilie !
Mais tout de même, je tiens à m’excuser publiquement si j’ai permis, avec mon discours, ce genre d’incompréhension. Je pourrais faire plusieurs chroniques, une de ces fois j’en ferai au moins une, pour dire à quel point les bibliothécaires ont été importants dans ma formation de lecteur et, encore plus tard, qu’il suffise de dire, comme je le dis toujours, que si ce n’était pas t pour les bibliothécaires de la Faculté de ma droite Empire des livresqui a remporté tant de prix et qui forme encore aujourd’hui tant de chercheurs, n’existerait pas comme ce livre existe aujourd’hui.
Il y a là une discussion importante, qui concerne le remplacement de la compétence professionnelle par le logiciel ou l’intelligence artificielle, qui est le grand débat du moment. Indubitablement. Médecins, éditeurs, professeurs, artistes, écrivains… enfin, je ne dis pas que nous sommes tous menacés par l’IA, mais il y a l’idée – très dangereuse d’ailleurs – que l’information remplace le savoir et la pratique. Et c’est de cela qu’il s’agit dans la lettre que j’ai reçue.
Dans le cas de l’Histoire, cela arrive souvent, car nous savons tous comment raconter des histoires, nous sommes donc tous des historiens. Qu’est-ce que la vérité ! Mais la production scientifique est bien plus que cela. Elle suppose, entre autres choses, la critique des sources, la maîtrise d’une certaine méthodologie… et ce qui vaut pour l’Histoire vaut pour la production et la réception des savoirs dans tous les domaines.
Cela ne veut pas dire que les domaines du savoir ne peuvent pas dialoguer. Il y a des interrelations et l’Histoire du Livre est, par définition, un domaine interdisciplinaire. C’est pour cette raison que O Connaissance des bibliothécairespour citer le titre de mon cher ami Michel Melot, que j’ai même édité en Collection Bibliophilieque je dirige avec Plinio Martins Filho, m’est si cher que je ne discréditerai jamais la valeur des bibliothécaires.
Bibliomanie
La colonne Bibliomanieavec le professeur Marisa Midori, est diffusé toutes les deux semaines, les vendredis à 9h00, sur Rádio USP (São Paulo 93.7; Ribeirão Preto 107.9 ) et également sur Youtube, produit par Rádio USP, Jornal da USP et TV USP.
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