Le Venezuela fait partie du groupe de 10 pays du continent américain qui recevront un soutien pour renforcer la surveillance épidémiologique du trachome et déterminer si cette maladie constitue un problème de santé publique parmi les populations vivant dans des conditions vulnérables.
L’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) et le gouvernement du Canada ont lancé une initiative visant à éliminer cette maladie oculaire infectieuse, principale cause de cécité chez les femmes des régions pauvres et éloignées d’Amérique latine. Cette initiative a été annoncée par le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, lors de la 78ème Assemblée générale des Nations Unies, rapporte un communiqué de presse de l’OPS/OMS.
Grâce à une contribution de 11,2 millions de dollars, fournie par Affaires mondiales Canada (AMC), l’OPS élargira la coopération technique dans dix pays d’Amérique latine dans le but de renforcer la surveillance et d’étendre le traitement de la maladie, pour atteindre 10 millions de personnes au cours des cinq prochaines années. .
Causé par la bactérie Chlamydia trachomatis, le trachome se transmet à la fois par les mouches et par contact direct avec les sécrétions oculaires des personnes infectées. La maladie touche principalement ceux qui vivent dans des conditions d’extrême pauvreté. Parmi les facteurs favorisant la transmission figurent la surpopulation et les mauvaises conditions d’hygiène et de salubrité. On estime que les femmes sont deux fois plus susceptibles d’être touchées par cette maladie et jusqu’à quatre fois plus susceptibles que les hommes de devenir aveugles à cause du trachome.
La collaboration entre l’OPS et le Canada se concentrera sur les populations à risque au Brésil, en Colombie, au Guatemala et au Pérou, où le trachome est endémique et touche 5,6 millions de personnes. Six autres pays recevront également un appui pour déterminer si cette maladie constitue un problème de santé publique : la Bolivie, l’Équateur, le Salvador, Haïti, le Venezuela et le Mexique. Ce dernier, qui est devenu le premier pays d’Amérique latine à éliminer le trachome comme problème de santé publique en 2017, recevra un soutien pour la mise en œuvre d’actions de surveillance afin de prévenir la réapparition de la maladie.
Au Venezuela, des études seront réalisées dans dix unités d’évaluation composées de 22 municipalités sélectionnées dans cinq États : Amazonas, Apure, Delta Amacuro, Zulia et Bolívar. Cet effort sera mené après que des actions de surveillance de la maladie ont été menées en 2018 et 2019 dans les communautés autochtones de l’État d’Amazonas et que des cas ont été identifiés dans l’État de Bolívar.
Maladies négligées
Les maladies infectieuses négligées, dont le trachome, constituent un groupe diversifié de 20 maladies parasitaires, bactériennes et fongiques qui ont un impact disproportionné sur la santé des populations vulnérables, notamment des minorités ethniques. Les facteurs de risque comprennent, entre autres, la pauvreté, l’inégalité des revenus, le manque d’accès à l’eau potable et à un assainissement adéquat, ainsi que les obstacles à l’éducation et aux services de santé.
L’OPS aide les pays des Amériques à accélérer les efforts visant à éliminer ces maladies grâce à des approches intégrées axées sur l’augmentation de l’accès aux services de santé, l’amélioration des systèmes d’information et de surveillance sur la santé, et la prise en compte des déterminants sociaux et environnementaux de la santé et le renforcement de la gouvernance pour ne laisser personne de côté. .