Depuis les temps ancestraux, l’humanité a fait confiance aux connaissances comme moyen d’élever sa qualité de vie. Comme l’a souligné le philosophe allemand Hans Jonas, « le pouvoir de faire » qui accorde la science et la technologie « implique également une responsabilité sans précédent dans l’histoire humaine: la capacité d’anticiper les conséquences indésirables. Par conséquent, la science et la technologie sont souvent comparées à » une épée à double édition « .
Un exemple de ceci se trouve dans l’énergie nucléaire.
Sa découverte est le résultat d’une chaîne rigoureuse d’avancées scientifiques, de la radioactivité à la fission de l’atome. Grâce à elle, la médecine diagnostique a connu une transformation radicale dans le domaine de l’oncologie qui a sauvé
Des millions de vies. Malgré cela, la même connaissance a cédé la place à des criminels a créé des armes de destruction massive, capables d’anéantir des villes entières en quelques secondes, comme l’attestent les souvenirs d’Hiroshima et de Nagasaki.
Cette dualité n’est pas un accident, mais une manifestation du pouvoir de
Connaissances scientifiques, qui dépend des décisions politiques, éthiques et sociales.
On peut en dire autant de la révolution numérique que nous vivons. Internet a rendu l’accès à la connaissance plus démocratique, a permis une coopération scientifique mondiale et a donné la voix aux communautés qui ont déjà été réduites au silence. Mais il a également ouvert les portes à l’espionnage de masse, à la manipulation algorithmique des opinions et à une dépendance systématique qui affecte la santé mentale de millions de jeunes.
Le même appareil qui permet une consultation médicale à distance dans une ville
De notre Guyana Esquiba, il peut être utilisé pour diffuser des discours de haine ou de fausses informations avec des conséquences, parfois, mondiales. Compte tenu de cette contradiction, l’humanité n’est pas restée avec des bras croisés. Il a érigé des obstacles, des comités de bioéthiques, des accords internationaux et des cadres réglementaires pour atténuer les effets néfastes du développement technologique. La création du Comité international de la bioéthique de l’UNESCO, le traité nucléaire de non-prolifération, le protocole de Carthagène sur la sécurité de la biotechnologie et,
Plus récemment, les débats mondiaux sur l’intelligence artificielle sont l’expression d’un effort de civilisation pour atténuer les effets négatifs de la technologie.
Il ne s’agit pas d’abandonner les progrès, mais de le guider. Chaque découverte doit être examinée à la fois du point de vue de sa viabilité technique, ainsi que de ses implications morales, sociales et environnementales. En ce sens, le renforcement de la recherche scientifique avec la responsabilité sociale, l’éducation critique des nouvelles générations et la participation active des citoyens aux débats technologiques sont fondamentales pour empêcher l’innovation de devenir notre ruine.
En arrière-plan, comme Baltasar Gracián a condamné, « la science sans virage est une double folie », et les deux (science et technologie) ne sont pas les méchants de cette histoire, mais les outils qui reflètent qui nous sommes et où nous avons décidé d’aller. En tant qu’humanité, c’est à nous de brandir cette épée sans crainte et avec
sagesse.
@betancourt_phd