Voter. Photo: Shutterstock Krakenimages.com
Considéré comme l’une des réalisations les plus importantes du mouvement des droits civiques aux États-Unis, le Voting Rights Act de 1965 a marqué un tournant dans l’histoire politique du pays. Son objectif était d’éliminer les barrières juridiques et administratives qui, depuis des décennies, empêchaient des millions de citoyens noirs d’exercer leur droit de vote.
Le Congrès l’a adopté pour appliquer le quinzième amendement à la Constitution, qui interdit de refuser le vote fondé sur la race. Essentiellement, cette loi a ouvert les portes de la participation politique aux Communautés afro-américaines et d’autres minorités qui ont été systématiquement exclues.
L’un de ses piliers était l’article 5, qui obligeait les États ayant des antécédents de discrimination à demander l’approbation du ministère de la Justice ou d’un tribunal fédéral avant de modifier les règles électorales. Ce mécanisme, connu sous le nom « approbation préalable »cherchait à empêcher les manœuvres qui limitaient le vote des minorités. L’article 2, pour sa part, permettait aux personnes de poursuivre des lois ou des procédures discriminatoires, soit individuellement, soit avec le soutien du gouvernement fédéral. Toutefois, ces dernières années, plusieurs décisions de la Cour suprême ont affaibli ces protections.
Histoire de la naissance du droit
La loi sur le droit de vote est née après un épisode qui a choqué le pays. En mars 1965, une marche pacifique à Selma, en Alabama, fut brutalement réprimée par la police sur le pont Edmund Pettus. Les images de l’attaque, diffusées à la télévision, ont suscité l’indignation nationale et poussé le président Lyndon B. Johnson à promouvoir une réponse énergique : la promulgation du Loi sur le droit de vote.
Jusqu’alors, de nombreux États du Sud utilisaient des stratégies telles que les taxes électorales ou les tests d’alphabétisation pour empêcher les citoyens noirs de s’inscrire. La loi a supprimé ces mécanismes et a apporté des changements tangibles : en moins d’une décennie, l’écart entre les électeurs blancs et noirs a été réduit de près de 30 points à seulement huit. Son efficacité était telle que Le Congrès l’a renouvelé à plusieurs reprisesle plus récent en 2006, avec un soutien bipartisan et une approbation unanime au Sénat.
Néanmoins, la situation a changé en 2013 avec l’arrêt Shelby County c. Holder, qui a éliminé l’exigence d’approbation préalable. Depuis, plusieurs États ont mis en œuvre nouvelles règles qui rendent l’accès au vote plus difficile, comme la réduction du nombre de bureaux de vote ou des exigences d’identification plus strictes. Des études du Brennan Center for Justice ont montré que l’écart