Le président par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, a limogé l’homme d’affaires colombien Alex Saab du poste de ministre de l’Industrie, face à la pression croissante des États-Unis après les attentats du 3 janvier et la récente capture de Nicolás Maduro et de son épouse Cilia Flores.
Saab, qui avait été nommé en octobre 2024 par Maduro lui-même, a été démis de ses fonctions parallèlement à une reconfiguration ministérielle qui comprend la fusion des ministères de la Défense. Industries et Production Nationale avec celle du Commerce Nationalmaintenant sous la direction de Luis Antonio Villegas.
« Je remercie mon collègue Álex Saab pour son travail au service de la Patrie ; il assumera de nouvelles responsabilités », a écrit Rodríguez sur son compte Telegram.
L’homme d’affaires a été libéré en 2023 par Washington dans le cadre d’un échange ayant permis la libération de 10 Américains emprisonnés au Venezuela. Cependant, Saab porte une lourde charge judiciaire : il a été arrêté en 2020 au Cap-Vert et extradé vers les États-Unis en 2021, accusé de blanchiment d’argent provenant de contrats de l’État vénézuélien, dont ceux liés au programme alimentaire CLAP, accusé de corruption présumée.
Sous le régime de Maduro, Saab était considéré comme un « envoyé spécial » et défendu par le chavisme comme un « héros économique ». Mais pour la justice américaine, il agissait comme un porte-parole du président déchu et un élément clé de son réseau financier international.
Le limogeage de Saab intervient dans un contexte de fortes tensions politiques, marqué par la transition du pouvoir après la chute de Maduro et les exigences de Washington pour la libération massive des prisonniers politiques et la convocation d’élections libres.
Dans ce scénario, l’attention se porte également sur la leader de l’opposition María Corina Machado, qui a récemment rencontré l’ancien président américain. Donald Trump. Les analystes préviennent que son principal défi sera de retourner au Venezuela et de diriger le processus de reconstruction institutionnelle.
De leur côté, les États-Unis évaluent d’éventuelles sanctions et de nouvelles mesures diplomatiques au cas où le gouvernement intérimaire de Rodríguez ne respecterait pas les engagements pris, notamment en matière de droits de l’homme et de restitution démocratique.
Avec les informations de l’EFE