Petro : la Colombie et le Venezuela projettent l’union régionale comme une puissance mondiale

Le président colombien, Gustavo Petro, a proposé de revenir à l’idéal bolivarien pour consolider une intégration profonde entre les deux nations, lors de sa rencontre officielle avec le président en charge du Venezuela, Delcy Rodríguez. Le président colombien a souligné que le projet de « grande patrie » doit être rétabli sous de nouvelles formes en ce XXIe siècle pour transformer la région en un bloc influent.

Petro a assuré que ce type de confédération permettrait aux pays voisins de devenir l’une des nations les plus fortes et les plus puissantes du monde, en respectant toujours la diversité et l’autonomie de chaque État.

Lors de son discours, le chef de l’État colombien a souligné la valeur symbolique et stratégique de l’union binationale en qualifiant la région de centre névralgique de la planète.

«Nous sommes le cœur du monde. Dans la mesure où nous divisons, nous brisons le cœur du monde et dans la mesure où nous nous unissons, nous restaurons le cœur du monde », a déclaré le président. Pour Petro, l’unité représente non seulement un bénéfice politique, mais aussi la récupération d’une histoire commune qui unit deux peuples avec des cultures partagées et une identité indissoluble.

Action commune pour libérer les frontières des mafias

La feuille de route établie par les deux gouvernements donne la priorité à l’assainissement des zones frontalières en éliminant les structures criminelles qui opèrent dans la région. Le président colombien a souligné la nécessité de mettre en place un effort commun et coordonné pour libérer les communautés frontalières des mafias dédiées au trafic de cocaïne, à l’extraction illicite d’or et au trafic d’êtres humains.

Petro a déclaré avec insistance que « la frontière ne peut appartenir qu’au peuple », faisant référence à la souveraineté que les citoyens colombiens et vénézuéliens doivent exercer sur leur territoire.

Ce processus de libération territoriale nécessite une stratégie globale alliant force publique et développement du bien-être des citoyens. Le plan d’action envisage des interventions militaires et policières précises, accompagnées d’un fort investissement social pour remplacer les économies illégales par des opportunités productives.

Selon le président colombien, cette sécurité frontalière constitue la première étape nécessaire pour approfondir l’intégration dans d’autres domaines vitaux tels que l’alimentation et les échanges commerciaux équitables entre les deux nations.

Sécurité alimentaire et transition vers une énergie propre

La réunion a également servi à jeter les bases d’une coopération axée sur la nutrition et les soins aux nouvelles générations. Le président colombien a proposé d’approfondir une voie d’intégration nutritionnelle garantissant la sécurité nutritionnelle des enfants et des citoyens en général.

Cette initiative vise à garantir que les ressources des deux pays servent à éradiquer la faim et à renforcer le tissu social, permettant à la fraternité de se traduire par des bénéfices tangibles pour les familles qui habitent les territoires voisins.

Il a plaidé pour un changement radical du modèle énergétique régional, en s’éloignant des combustibles fossiles pour adopter des sources renouvelables. Le président a souligné que les « anciennes méthodes » énergétiques ont tendance à attirer la violence, les conflits et l’autoritarisme à l’échelle mondiale.

Au lieu de cela, il promeut une vision dans laquelle les nouveaux modes d’énergie apportent la paix et contribuent à construire une humanité fraternelle. « Soeur l’humanité commence avec ses voisins », a conclu Petro, réaffirmant que la stabilité de la région dépend de la capacité de la Colombie et du Venezuela à collaborer dans un développement durable et démocratique.