Le parc national Morrocoy, situé dans l’État de Falcón, est l’un des trésors écologiques et touristiques les plus importants du Venezuela. Ses mangroves, ses récifs coralliens et ses îles aux eaux cristallines abritent une biodiversité marine inestimable.
Cependant, préserver ces environnements nécessite des outils avancés qui vont au-delà des méthodes de surveillance traditionnelles.
En réponse à ce défi, le gouvernement national, à travers l’Agence bolivarienne pour les activités spatiales (Abae), a déployé un projet technologique de pointe conçu pour cartographier et étudier les espaces marins peu profonds, également appelés eaux peu profondes, de cet écosystème emblématique.
Innovation souveraine
Ce déploiement technique s’inscrit dans le cadre des politiques nationales de génération de connaissances scientifiques utiles, orientées dans le cadre du Sixième T (Science, Technologie et Innovation) du Plan des Sept Transformations (7T).
L’initiative combine l’utilisation des technologies du système mondial de navigation par satellite (GNSS) avec des techniques avancées de traitement et de télédétection des images satellite extraites des plates-formes spatiales exploitées par le pays.
L’objectif central des spécialistes d’Abae est de développer des mesures géospatiales de haute précision permettant de calculer la bathymétrie (profondeur) dans des zones côtières complexes.
Traditionnellement, la mesure des fonds marins nécessitait des bateaux équipés d’échosondeurs, un processus lent et coûteux qui ne peut souvent pas accéder aux zones excessivement plates ou aux récifs délicats.
La technologie satellitaire appliquée par l’équipe Abae brise ces barrières, permettant d’obtenir les réflectances de l’eau et d’identifier la topographie sous-marine depuis l’orbite terrestre, ce qui optimise la précision et complète parfaitement les données collectées directement au sol.
Points critiques
Le travail de collecte et d’analyse des informations géospatiales s’est concentré dans cinq des secteurs les plus vulnérables et avec le plus grand afflux touristique du parc : Cayo Boca Seca, Cayo Pescadores, Cayo Sombrero, Los Juanes et Playa Mero.
Ces zones subissent non seulement la pression de l’activité humaine, mais sont également soumises aux effets du changement climatique, des courants océaniques et de la sédimentation.
En consolidant les informations stratégiques sur la profondeur de ses eaux, les scientifiques vénézuéliens peuvent identifier les zones à risque, les modèles d’érosion côtière et l’état actuel des écosystèmes benthiques (tels que les herbiers marins et les formations coralliennes).
De plus, ces cartes dynamiques soutiennent des recherches parallèles menées par des institutions alliées, comme l’échantillonnage du carbone bleu réalisé par la Fondation Institute for Advanced Studies (Idea) pour mesurer le captage du CO2 dans la région.
La science au service du territoire
Selon les récentes déclarations de la ministre de la Science et de la Technologie, Gabriela Jiménez Ramírez, cette initiative ne représente pas un effort isolé, mais plutôt une consolidation des capacités nationales pour la gestion durable du territoire.
L’utilisation des données géospatiales renforce la souveraineté technologique du pays, réduisant la dépendance à l’égard des services étrangers et démocratisant l’accès aux informations environnementales critiques.
La cartographie des eaux peu profondes de Morrocoy établit un précédent méthodologique qu’Abae envisage de reproduire dans d’autres systèmes lacustres et côtiers du pays.
Les cartes qui en résulteront n’auront pas seulement une valeur académique, mais deviendront un outil de consultation obligatoire pour l’Institut des parcs nationaux (Inparques) et les agences de sécurité.
Grâce à ces apports, l’État sera en mesure de concevoir des plans d’aménagement du territoire efficaces, de réguler scientifiquement le tourisme de navigation, de prédire l’impact des tempêtes ou des ondes, ainsi que de garantir que les générations futures continuent de profiter de la richesse naturelle du Maroc. Le Venezuela démontre une fois de plus que l’espace constitue une tranchée fondamentale pour la défense et la conservation de la vie sur Terre.
Outre sa valeur écologique et touristique, la réussite méthodologique de ce projet des chercheurs créoles réside dans sa capacité à renforcer la gestion des risques et la sécurité de la navigation maritime dans la région.
Les zones peu profondes de Morrocoy sont très dynamiques. Le mouvement constant des sédiments et des courants modifie continuellement les chenaux de navigation, ce qui augmente les risques d’échouage des bateaux et de dommages collatéraux sur la faune marine.
Le processus
- Algorithmes. Le succès d’Abae réside dans l’utilisation d’algorithmes mathématiques avancés pour éliminer le bruit des images satellite et calculer la profondeur exacte (bathymétrie) sans toucher l’eau.
- Pas à pas. Les scientifiques ont dû se rendre physiquement aux clés pour prendre des « points de contrôle au sol ». Ceci est utilisé pour calibrer le satellite depuis l’espace avec la profondeur réelle.