Le TSJ a déclaré que le décret d’urgence économique est annexé à la Constitution

La Chambre Constitutionnelle du Tribunal Suprême de Justice (TSJ) a déterminé que le décret 5.414 par lequel le président par intérim Delcy Rodríguez déclare l’état d’urgence économique sur tout le territoire national pour 60 jours, « est adapté aux principes constitutionnels ».

Une telle décision est contenue dans l’arrêt N 824 rendu mercredi dernier avec la signature des cinq juges membres de la Chambre Constitutionnelle : Tania D’Amelio, Lourdes Anderson, Michel Adriana Velásquez, Anabel del Carmen Hernández et Janette Trinidad Córdova.

Le décret d’urgence économique susmentionné est entré à la Chambre constitutionnelle le 8 août, envoyé par le président en charge. Ceci, afin que ledit tribunal puisse se prononcer sur la constitutionnalité du décret précité.

Les magistrats ont analysé le document et se sont concentrés en particulier sur l’une des raisons qui soutiennent la déclaration de l’état d’urgence économique, où l’Exécutif national déclare « que la République bolivarienne du Venezuela continue d’être la cible de diverses mesures coercitives unilatérales qui perturbent gravement le système financier, monétaire et fiscal, affectant négativement le libre développement économique et réduisant la capacité de la population à acquérir des biens et des services ». À cet égard, les magistrats commentent que « dans ce scénario indéniable, l’Exécutif invoque son devoir inaliénable de sauvegarder le développement harmonieux de l’économie et de protéger tous les secteurs productifs, en faisant de l’état d’urgence économique le mécanisme constitutionnel extraordinaire et efficace pour neutraliser ces menaces internes et externes déstabilisatrices ».

La Chambre constitutionnelle observe qu’actuellement « le système socio-économique vénézuélien exige une réingénierie profonde et agile de l’appareil fiscal et budgétaire. La rigidité des formules ordinaires de recouvrement, d’exonération fiscale et d’endettement est matériellement insuffisante pour parvenir à l’injection immédiate de liquidités et à la protection du tissu productif national contre l’asphyxie financière décrite.

Dans ce sens, les magistrats ont déterminé que l’éventail des pouvoirs conférés à l’Exécutif National à l’article 2 du décret susmentionné  »révèle une orientation indéniable vers la restructuration urgente des recettes publiques, puisque l’on observe la pertinence des mesures qui autorisent l’assouplissement ou la suspension temporaire de certaines obligations fiscales afin d’alléger les charges du secteur productif national, ainsi que des actions visant à alimenter le Trésor National à travers la centralisation des contributions spéciales et la suspension des exonérations fiscales préexistantes ».

De l’avis du Sel Constitutionnel, la conception de ces politiques fiscales,  »étroitement liée à la viabilité de l’exécution d’opérations exceptionnelles de crédit public… obéit à un objectif incontournable : dynamiser l’industrie nationale, en garantissant des quotas d’absorption obligatoires pour ce qui est produit dans le pays afin de réduire la dépendance aux importations, et promouvoir, en parallèle, un climat idéal pour attirer des investissements qui soutiennent le développement national de manière globale. »

Les magistrats ont rappelé que la Grande Charte consacre le modèle de l’État Social, du Droit et de la Justice, c’est pourquoi ils considèrent que « la flexibilité fiscale et du crédit public prévue dans ce décret (urgence économique) constitue une matérialisation directe de cette obligation de prestation, favorisant l’impulsion pour la renaissance de la nation et la stabilité sociale du peuple ».

La Chambre considère que le Président en charge de la République est tenu de veiller et de rétablir le fonctionnement du système socio-économique afin de garantir les droits constitutionnels de la population vénézuélienne. Et pour cette raison, le décret d’urgence économique  »représente une considération légitime concernant l’exercice des droits et garanties constitutionnels en matière économique fondées sur des raisons exceptionnelles afin de garantir la sécurité de la nation… dans un contexte socio-économique latino-américain et mondial encadré par un blocus économique, des mesures coercitives unilatérales et l’imposition arbitraire de droits de douane par le gouvernement américain qui entravent le libre développement de l’économie du pays. »

Sur la base de ces considérations, les magistrats ont déclaré la constitutionnalité du décret 5.414 car « il est conforme aux principes et normes contenus dans la Constitution de la République bolivarienne du Venezuela, dans les traités internationaux sur les droits de l’homme valablement signés et ratifiés par la République et dans la loi organique sur les États d’exception ».