Le nouveau président du Chili, Gabriel Boric, a assuré qu’il prolongerait l’état d’exception qui maintient quatre provinces de la frontière nord du Chili militarisées pour empêcher le passage de migrants illégaux vers le territoire chilien et a proposé aux pays de la région d’établir un système de quotas pour servir les migrants vénézuéliens.
Lors d’une conférence de presse avec des médias internationaux, depuis le palais de La Moneda, Boric a évoqué l’état d’urgence et a souligné : « dans le nord, il a été prolongé une fois et nous avons décidé de demander sa prolongation. En fait, j’ai déjà signé le décret pour demander la prolongation de l’état d’exception, car nous pensons que les conditions qui l’ont justifié en premier lieu sont toujours en vigueur et ce que nous voulons y faire est une affaire bien réglée », a passé en revue le média chilien Cooperativa.
Boric a affirmé qu’ils respecteront strictement la loi concernant les étrangers qui violent les réglementations migratoires.
quotas de migrants
En ce sens, il a exclu qu’ils procèdent à des régularisations massives d’étrangers qui entrent par des démarches non autorisées. « Si j’annonçais une grâce, ce serait une erreur stratégique de notre part. Cela ne correspond pas », a déclaré le président chilien.
En échange, il a proposé d’établir un accord régional, dans lequel est conçu un système de quotas d’accueil des migrants, similaire à celui lancé par l’Union européenne avec l’exode massif des réfugiés après la guerre en Syrie.
« Je pense que c’est quelque chose où nous pourrions tous gagner, à la fois les pays qui approfondissent notre coopération, ainsi que de nombreux migrants qui le font dans une situation de grand désespoir », a rapporté un communiqué de presse de l’Efe.
Il a également déclaré que « le poids d’une crise migratoire ne peut pas peser uniquement sur un groupe de pays, en l’occurrence la Colombie, le Pérou et le Chili », a cité le journal La Nación de Chile, et assuré qu’il s’était entretenu avec ses homologues latino-américains pour générer ce système de quotas qui, selon lui, va décompresser la situation migratoire.
Depuis le 16 février dernier, les provinces d’Arica, Parinacota, Tamarugal et El Loa, situées à la frontière nord du Chili, sont militarisées, où des milliers de migrants, dont de nombreux Vénézuéliens, tentent d’entrer sur le territoire chilien.
La deuxième prolongation de l’état d’exception dans la zone nord du Chili expire le 16 mars et pour qu’elle reste en vigueur, le président chilien doit demander la prolongation de cette mesure au Congrès de son pays.
Dans la zone frontalière du nord du Chili, des migrants vénézuéliens ont été victimes d’attaques xénophobes. L’un des événements les plus forts de ce type s’est produit en septembre dernier à Iquique, lorsque quelque 3 000 personnes ont protesté contre la présence de migrants vénézuéliens, qui ont été attaqués et leurs biens brûlés.