Au Centre Didactique La Guaira, où cohabitent des peintures murales colorées avec des maquettes du système solaire et le bruit lointain de la mer, un garçon de 16 ans est devenu un symbole de fierté pour toute une région.
César Leal est lycéen et lauréat de la médaille d’or aux Jeux olympiques mondiaux ouverts d’astronomie, organisés en Russie ; une réalisation qui place le Venezuela sur la carte de la science internationale.
Avec une voix sereine et une timidité qui ne cache pas son enthousiasme, César reçoit l’équipe d’Últimas Noticias avec la simplicité de quelqu’un qui est encore en train d’assimiler l’ampleur de son exploit.
«C’était une expérience très excitante», dit-il en souriant. « Je ne m’y attendais pas. À chaque phase des tests, j’étais surpris de voir jusqu’où je pouvais aller. Quand j’ai su que j’avais gagné, c’était une immense joie », dit-il.
Le début d’une vocation. Son histoire a commencé presque par hasard. « L’année dernière, ils ont proposé un cours d’astronomie au Cida, qui s’appelle désormais Centre de recherche Francisco J. Duarte en astronomie et technologies appliquées (Cidata). Je me suis inscrit par curiosité, sans savoir ce qui allait suivre », se souvient-il.
Cette décision a marqué le début d’un chemin qui l’a amené à participer seul aux Jeux olympiques nationaux. « Mon école n’était pas au courant du concours, alors je me suis inscrit tout seul et j’ai commencé à étudier avec le matériel envoyé via Telegram », a-t-il déclaré.
Cet élan autodidacte est devenu discipline. César a remporté la médaille d’or nationale et a été sélectionné à Mérida, après un examen exigeant en anglais, comme l’un des six représentants du Venezuela à la compétition mondiale.
Durant les six semaines de vacances, il s’est préparé intensément. « Nous étudiions deux heures par jour. Tous les jours. Nous examinions des sujets avancés en astronomie, en mathématiques et en physique. C’était un travail difficile, mais cela en valait la peine », explique le jeune homme.
Fierté de La Guaira.
Lorsqu’il parle de représenter le pays, l’émotion change le ton de sa voix. « C’était une immense fierté. Je n’aurais jamais imaginé que je porterais le drapeau tricolore à l’extérieur du pays, encore moins que j’en reviendrais avec une médaille. C’était la récompense de nombreuses heures d’étude et de sacrifices », dit-il.
Derrière le succès se cache une famille qui l’accompagne en silence. « Mes parents sont heureux, ils m’ont toujours soutenu et m’ont inculqué la discipline et la persévérance. Ils me disent de continuer et de ne jamais arrêter d’apprendre », dit-il.
César est actuellement en cinquième année au Centre éducatif de l’Association des enseignants de l’Université centrale du Venezuela, bien qu’il ait effectué une grande partie de sa formation par lui-même. « J’ai toujours étudié au-delà de ce qu’on m’enseigne. J’aime enquêter, apprendre par moi-même. De cette façon, j’ai pu progresser dans des matières qu’on ne voit pas à l’école », commente-t-il.
Son regard est déjà tourné vers l’avenir. Il explique qu’il souhaite étudier la physique à l’Université Centrale ou à l’Université des Sciences. « J’aimerais être un scientifique. Je pense que le Venezuela a besoin de plus de personnes dédiées à la science et à la recherche », ajoute-t-il.
Curiosité et discipline. Discuter avec César, c’est découvrir un jeune homme qui n’a pas peur des défis. Depuis son enfance, il était passionné de mathématiques et cette curiosité naturelle l’a amené à explorer la physique et l’astronomie. « Je n’ai jamais été satisfait de ce que j’ai appris en cours. J’aimais résoudre des problèmes, comprendre le pourquoi des choses. Je pense que c’est ce qui m’a aidé à me démarquer. »
Ce désir d’apprendre a fait de lui un exemple pour les autres jeunes de sa communauté. « A ceux qui veulent participer aux Jeux olympiques ou simplement en apprendre davantage, je leur dis de ne pas abandonner. Si quelque chose vous plaît, continuez. Posez des questions, enquêtez, cherchez à comprendre le monde qui vous entoure. La curiosité est la chose la plus importante. »
La science à la maison.
À La Guaira, des institutions telles que Fundacite et le Centre didactique pour l’enseignement des sciences offrent des espaces de formation aux jeunes intéressés par la science. César le sait bien. « Ici, nous avons des ressources. Fundacite soutient toujours et avec Internet, on peut aussi apprendre beaucoup. Il suffit de savoir chercher, choisir de bonnes sources. J’ai beaucoup appris comme ça », a-t-il souligné.
Ses paroles reflètent une génération qui a trouvé dans la technologie un outil pour surmonter ses limites. « L’accès à l’information aujourd’hui est énorme. Il faut en profiter, bien l’utiliser et se former. Tout n’est pas bon sur Internet, mais si vous savez chercher, vous pouvez presque tout apprendre », a-t-il déclaré.
Une promesse d’avenir. Bien qu’il n’en soit qu’à ses débuts, César sait déjà que sa vocation est liée à la connaissance. « Je veux me consacrer à la science. Je ne sais toujours pas exactement dans quel domaine, mais je me vois faire des recherches, apporter de réelles contributions. Je pense que grâce à la science, nous pouvons contribuer à améliorer beaucoup de choses dans le pays », explique-t-il.
Ses paroles ne ressemblent pas à un discours érudit, mais plutôt à une véritable conviction. Il est conscient que le chemin ne sera pas facile, mais son enthousiasme semble plus fort que n’importe quel obstacle. « Il ne faut pas attendre que les opportunités se présentent. Il faut les chercher, s’y préparer, travailler pour elles », affirme-t-il.
Dans sa communauté, César est déjà une fierté. Son histoire circule sur les réseaux, dans les salles de classe et parmi les jeunes qui commencent à voir la science non pas comme quelque chose de lointain, mais comme une voie possible. « Mes amis me félicitent, mes professeurs sont contents. Ils me disent de continuer. Cela m’encourage beaucoup », dit-il.
Au-delà de la reconnaissance, sa réussite véhicule un message puissant : le talent vénézuélien peut briller dans n’importe quel scénario s’il bénéficie du soutien et de la détermination personnelle nécessaires.
« Le plus important est de ne pas se contenter. Si quelque chose vous passionne, apprenez, enquêtez, questionnez. Il y a toujours quelque chose de plus à découvrir. J’ai juste suivi ma curiosité et j’ai fini par réaliser un rêve », témoigne-t-il.
Son histoire est celle d’un jeune homme qui a décidé de regarder le ciel et a découvert, dans les étoiles, une opportunité de grandir. De La Guaira, son nom est déjà associé à l’espoir et à l’avenir.
César Leal, le garçon qui a porté le drapeau vénézuélien sur le podium de la science mondiale, montre que les rêves se réalisent aussi avec un crayon, de la discipline et un esprit qui ne cesse de demander.