C’est l’huile

La seule chose claire pour l’avenir immédiat du Venezuela est que les États-Unis prendront en charge son pétrole. Tout le reste est un gâchis. Par exemple, samedi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis « géreraient » le Venezuela. Hier, le secrétaire d’État, Marco Rubio, a nuancé l’annonce de son patron et a souligné que des pressions seraient plutôt exercées sur le gouvernement du Venezuela pour qu’il apporte des changements à sa politique gouvernementale, notamment en permettant la participation des investissements américains dans le secteur pétrolier. Quelques heures plus tard, dans une interview au magazine L’Atlantique, Trump a averti la présidente par intérim Delcy Rodríguez que si elle ne faisait pas ce qu’il fallait, elle paierait probablement un prix plus élevé que Maduro.

Elle a été nommée par la Cour suprême du Venezuela, après la capture à Caracas, tôt samedi matin, de Nicolas Maduro et de son épouse, Cilia Flores, et leur transfert aux États-Unis. Hier, on a appris qu’un tribunal fédéral de New York avait élargi l’accusation contre Maduro, présentée en mars 2020, en ajoutant de nouvelles accusations et de nouveaux accusés, dont Flores et l’un de ses fils. Les principaux délits en cause sont le trafic de drogue et le narcoterrorisme – aujourd’hui, lundi, le couple comparaîtra devant ledit tribunal fédéral.

C’est ce qui a motivé la capture de Maduro dans un complexe militaire, à laquelle il n’a pas résisté. Photos de Reuters montrer des dégâts dans les zones civiles. Selon le gouvernement vénézuélien, il y a eu plus de 40 morts, dont l’équipe de sécurité de Maduro. Cette opération est similaire à celle menée au Panama par le gouvernement de George HW Bush en 1989, pour capturer le dictateur Manuel Noriega, accusé de trafic de drogue aux États-Unis. Mais à cette occasion il y eut une invasion.

Ni la violation systématique des droits de l’homme par le régime dictatorial de Maduro, ni la débâcle économique, qui a provoqué l’exode de huit millions de Vénézuéliens, n’ont été les raisons de sa capture. Il faut tenir compte du fait qu’aucun État ne peut intervenir militairement chez un autre, sauf autorisation de l’ONU, obligation que la Russie et les États-Unis ne respectent généralement pas. Parmi les gouvernements qui ont réagi en faveur de l’intervention se trouve celui de José Jerí.

Le Pérou est le deuxième pays avec le plus grand nombre de Vénézuéliens qui, depuis 2014, ont échappé à l’horreur créée par Maduro (le premier est la Colombie). On estime que 1,66 million de personnes vivent ici. Mais que ceux qui leur reprochent tous nos maux ne se réjouissent pas, car il n’y aura pas de retour en masse. De nombreux Vénézuéliens ont déjà pris racine. En dehors de cela, l’économie péruvienne offre davantage d’opportunités, tant formelles qu’informelles.