Clés pour connaître Essequibo, le territoire en conflit entre le Venezuela et la Guyane

La souveraineté sur le territoire d’Essequibo est contestée depuis près de deux siècles et a récemment conduit à une augmentation des tensions entre Guyane, qui le gère comme le sien depuis 1966, et Venezuelaqui le revendique.

Les présidents vénézuélien, Nicolás Maduro, et guyanais, Irfaan Ali, se réunissent ce jeudi à Saint-Vincent-et-les Grenadines pour discuter de cette controverse, exacerbée après le référendum unilatéral du 3 décembre au cours duquel Caracas a approuvé l’annexion du territoire.

Voici les cinq clés pour mieux comprendre cette région importante :

Histoire

Lorsque le Venezuela est officiellement devenu indépendant de l’Espagne en 1811, Essequibo était sous son règne mais, des années plus tard, les Britanniques ont pris possession de certains territoires, qu’ils ont étendus jusqu’à former ce qu’on appelle la Guyane britannique.

Compte tenu du rejet du Venezuela, le différend a été résolu par un arbitrage international qui, en 1899, a stipulé dans la sentence arbitrale dite de Paris que le territoire restait sous domination britannique.

Le Venezuela a déclaré la décision nulle et non avenue des décennies plus tard et a signé l’accord de Genève de 1966 avec le Royaume-Uni, qui a créé une commission chargée de résoudre la controverse. Cette même année, après avoir obtenu son indépendance du Royaume-Uni, la Guyane commence à contrôler les Essequibo.

L’affaire est actuellement devant la Cour internationale de Justice (CIJ). La Guyane assure qu’elle respectera la résolution du tribunal international, mais le Venezuela rejette qu’il ait compétence pour régler le différend.

Ville

Environ 125 000 personnes vivent à Essequibo, sur les 800 000 habitants du Guyana, pour la plupart membres de la communauté indigène Arawako. Les autres groupes indigènes qui peuplent le territoire sont les Arekuna, les Akawaio, les Kariña, les Makushi, les Patamuná, les Sarao, les Wapishana et les Wai Wai.

La langue prédominante est l’anglais, comme dans le reste du Guyana, mais les communautés autochtones ont aussi leurs propres langues.

Surface

C’est un territoire de 159 500 kilomètres carrés, couvrant les deux tiers de la Guyane et pratiquement six des dix régions qui composent le pays.

L’ensemble des régions de Barima-Waini, Pomeroon-Supenaam et Cuyuni-Mazaruni sont situées sur ce territoire, ainsi qu’une grande partie des régions du Haut Takutu-Haut Essequibo, Potaro-Siparuni et des îles Essequibo-Demerara Ouest.

Cette région de jungle, située à l’ouest du fleuve Essequibo, est limitrophe du Venezuela, qui appelle la zone Guayana Esequiba, et du Brésil.

Richesses naturelles et minérales

Essequibo possède des réserves minérales d’or, de bauxite, de diamants, de cuivre et de fer, entre autres, abritant la mine d’or d’Omai, une importante source de revenus pour la Guyane.

Elle possède également une flore et une faune variées, des ressources en eau importantes et des terres fertiles qui lui confèrent un grand potentiel agricole.

Pétrole

Ses eaux territoriales contiennent d’importantes réserves de pétrole et de gaz naturel, principalement concentrées dans le bloc Stabroek. Depuis que la société américaine ExxonMobil a découvert du pétrole brut dans cette zone en 2015, la Guyane est passée du statut de l’un des pays les plus pauvres d’Amérique du Sud à celui avec la plus forte croissance économique au monde (57,8% en 2022).

Ces réserves, estimées à environ 11 milliards de barils de pétrole, ont favorisé, parallèlement aux problèmes politiques, les tensions entre Georgetown et Caracas à propos d’Essequibo jusqu’à atteindre la crise actuelle.