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Comment expliquer les maux de l’être humain, cet inconnu – #Jornal da USP

Le livre du professeur de l’USP Jean Lauand apporte des réflexions sur la réalité humaine basées sur la pensée classique

Par Leïla Kiyomura

« O Pensador », d’Auguste Rodin, et le livre du professeur Jean Lauand – Photomontage d’Adrielly Kilryann avec des images de Wikipedia, Editora Enguaguaçu et Rawpixel

« Jouer est nécessaire à une vie humaine. » La thèse du philosophe Tomás de Aquino (1225-1274) est présentée par Jean Lauand, professeur à la Faculté d’éducation de l’USP. Une réflexion qui peut suggérer d’être un enfant. Cependant, cela amène le lecteur à observer la réalité de l’être humain inconnu.

Professeur Jean Lauand, de la Faculté d’éducation de l’USP : « Être prudent, c’est voir la réalité et, sur la base de cette vision, prendre la bonne décision » – Photo : Francisco Emolo

Par cette phrase, le professeur entame le premier d’une série de quatre articles réunis en Rédaction, le premier volume qui intègre la Collection Jean Lauand par Editora Enguaguaçu. Ce sont des études, des recherches et l’exercice de la pensée qui composent la trajectoire de quatre décennies de ce penseur USP.

Dans ce premier livre de la collection, Lauand amène au contemporain de Confucius à Aristote, de Platon à Sartre, dans un savoir sans frontières. Pluridisciplinaire, elle associe écrivains et poètes tels que Shakespeare, Dante Alighieri, Guimarães Rosa et Fernando Pessoa. Et il traverse le temps pour citer le leader spirite Chico Xavier comme exemple d’humilité et d’amour.

« L’homme doit jouer pour mener une vie humaine, car c’est aussi dans le jeu qu’il trouve la raison la plus profonde de la réalité. »

la lecture de Rédaction éveille l’intérêt pour les idées et les concepts qui sont dans la vie quotidienne, mais passent inaperçus. Le professeur réfléchit avec le lecteur. Il interroge, converse et élargit l’horizon de la recherche de références en théologie, philosophie, littérature, musique et arts en général.

« Dieu joue. Dieu crée en jouant. Et l’homme doit jouer pour mener une vie humaine, car c’est aussi en jouant qu’il trouve la raison la plus profonde du mystère de la réalité, c’est pourquoi elle est jouée par Dieu », écrit Lauand dans l’essai Le Dieu qui joue : fondements ludiques de la réalité, soulignant la thèse de Thomas d’Aquin. « À une époque comme la nôtre, où certains prédisent la fin de la société du travail, la fin de la bureaucratie, la fin de la rationalité sans imagination, Domenico de Masi, le prophète de la société des loisirs – pas par hasard napolitain ; Thomas était lui aussi de la région de Naples -, il vient annoncer l’importance de l’esprit ludique, sans lequel la science ne peut se construire.

« Le drame éthico-existentiel fondamental de l’être humain transcende la portée de la philosophie académique et atteint l’art populaire. »

Le concept de l’être humain dans différentes cultures est le sujet du deuxième essai du livre. Jean Lauand observe l’homme dans ses fondements éthiques et selon les traditions occidentales et orientales. « Si l’on demandait à la tradition millénaire de la pensée les fondements philosophiques de l’éducation, les anciens nous donneraient à méditer cette simple phrase : ‘L’homme est un être qui oublie’ », observe-t-il. « Bien sûr, en affirmant le caractère oubliable de l’homme, nous ne disons pas qu’il oublie tout, mais surtout – et c’est même un constat empirique – l’essentiel. »

Thomas d’Aquin, l’un des nombreux penseurs cités par Jean Lauand dans le livre Rédaction – Photo : Reproduction/Wikipédia

Lauand considère : « Le drame éthico-existentiel fondamental de l’être humain dépasse le cadre de la philosophie académique et atteint l’art populaire ». Citations de la chanson de Milton Nascimento et Fernando Brandt Yauaretê. « Dans cette chanson, l’homme dialogue avec le jaguar, lui demandant – à elle, qui a déjà atteint le potentiels ultimes (puissance maximale, en latin) de son être-jaguar, yauareté – que le correspondant lui apprend à être un homme à puissance maximale.

« Il n’y a pas de vertu morale sans prudence. »

Implications éthiques et existentielles de la vertu de prudence est le troisième article de Rédaction. Jean Lauand y aborde le traité de Thomas d’Aquin sur cette vertu. « Si le mot ‘prudence’ est devenu aujourd’hui cette prudence égoïste de l’indécision ‘sur la clôture’, chez Thomas, au contraire, il exprime l’exact opposé de l’indécision : c’est l’art de décider correctement, c’est-à-dire sur la base non pas sur des intérêts mous, ni sur des impulsions, ni sur des peurs, ni sur des préjugés, etc., mais uniquement sur la base de la réalité, en vertu de la connaissance limpide de l’être.

La prudence, selon Lauand, c’est voir la réalité et, sur la base de cette vision, prendre la bonne décision. « Il n’y a donc pas de vertu morale sans prudence. » Ou, comme le dit Thomas d’Aquin : « La prudence est nécessairement courageuse et juste ».

L’essai qui clôt le livre, L’Acédie et les mécontentements dans la contemporanéité, précise l’acédie, une réalité invisible qui habite l’âme humaine, classiquement définie comme la profonde tristesse causée par le refus des biens spirituels. « Le sérieux de l’acédie se voit déjà dans cette première approximation du concept : l’acédie est une tristesse. Et la tristesse n’est pas seulement un mal en soi, mais une source d’autres maux – un trait caractéristique des péchés capitaux », explique le professeur.

Rédactionpar Jean Lauand, Editora Enguaguaçu, 102 pages, R$ 35.00.

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