Le Brésil

Damares, l’attaque contre la civilité et la Cour suprême

Dans l’environnement dramatique qui dévore le pays ces derniers jours, avec la tragique confirmation des alertes scientifiques sur la pandémie, peu de place méritait dans les médias le brillant article juridique préparé par Deborah Duprat, en partenariat avec d’autres avocats de Brasilia, pour arrêter l’ordonnance téléchargée le 10 février par le ministre de la Femme, de la Famille et des Droits de l’Homme, Damares Alves.

Sous prétexte de réviser la politique nationale des droits de la personne, il ne fait aucun doute que le plan du ministre est, en fait, de préparer ce que serait un programme de bourses dans ce domaine. Une tentative de protéger avec une légalité apparente les politiques discriminatoires et préjugées que le président actuel prêche dans ses agressions quotidiennes contre les principes les plus élémentaires de civilité et de respect de la vie.

:: Les femmes répudient le ministre Damares dans le manifeste du 8 mars

Le Fundamental Precept Failure Statement (ADPF) a été déposé auprès de la Cour suprême fédérale (STF) le 1er mars, sous la légitimité du PCdoB, mais parallèlement à une initiative similaire de la CUT et de cinq de ses confédérations nationales le lendemain. , en attendant la réponse des autres partis et même des gouverneurs invités à se joindre.

Dès la publication de l’ordonnance du ministre, la députée fédérale et ancienne ministre Maria do Rosário (PT-RS) a présenté un projet de décret législatif pour mettre fin à cette décision ministérielle. Une session plénière a été immédiatement convoquée, réunissant plus de 100 institutions parmi les plus représentatives du Brésil, axée sur la protection et la défense des droits de l’homme.

Lors de cette séance plénière, coordonnée par la membre du Congrès Rosário, en partenariat avec sa collègue Áurea Carolina (PSOL-MG) et par des membres du Conseil national des droits de l’homme (CNDH) – collégiale d’État que le bolsonarisme ne peut pas garder le silence – il était difficile d’approuver l’initiative dans une direction de chambre où le conseil d’administration est né d’une collusion entre le soi-disant centão et le droit plus physiologique.

Afin de ne pas conclure que le projet de décret législatif est né sans aucune chance, la grande surprise de la plénière a été la présence du vice-président de la Chambre, Marcelo Ramos, qui a participé au dialogue, interrompant les vacances avec la famille. Il a reçu le document symboliquement et s’est engagé à travailler pour approbation. Qui vit verra.

Lors de cette séance plénière, Deborah Duprat a avancé les bases générales de l’ADPF, soutenue par l’ex-ministre Eugênio Aragão, les deux juristes étant des procureurs fédéraux du plus haut niveau en service actif. Aragon était toujours appréciée par la présidente Dilma Rousseff en tant que ministre de la Justice. On ne comprend pas jusqu’à aujourd’hui comment les récents gouvernements progressistes ont perdu l’occasion d’élever Duprat au statut mérité de procureur général, ou de ministre du Suprême, préférant des personnalités opaques comme Gurgel de Faria et Rodrigo Janot.

La déesse de la chance voulait que l’ADPF soit distribué à Kassio Nunes, néophyte à la Cour et sur le sujet, alors que des ministres très différents sur les bombardements de lave de Lula et les droits de l’homme – Luís Roberto Barroso, Alexandre Moraes et Ricardo Lewandowski, par exemple – se vanter d’importants travaux, thèses et décisions dans ce domaine dans son programme d’études.

Dans ce cas également, le tirage au sort ne doit pas être considéré comme une pelle à chaux. Il convient de rappeler les sages conseils de notre patron Dom Paulo Evaristo Arns – «de l’espoir à l’espoir» – toujours répété sur TVT par Juca Kfouri – «ne jamais désespérer» – pour admettre l’hypothèse optimiste que Kassio saisit l’occasion. Quelle opportunité? Pour montrer qu’il est désormais ministre de la Cour suprême, conscient de son rôle de gardien de la Constitution. Et pas seulement un juge du quota de Bolsonaro, prêt à exprimer sa gratitude pour le poste à vie.

La Commission Arns s’est immédiatement alignée sur la résistance de la société civile à l’ordonnance de Damares, publiant dans Folha de S.Paulo, le 21 février, un article percutant signé par quatre de ses fondateurs:

«La Commission Arns propose que les organisations de défense des droits de l’homme soient vigilantes pour éviter, si nécessaire avec l’aide du pouvoir judiciaire, de tels revers. Et il appelle les institutions de la démocratie à mettre un terme à cette attaque contre la participation de la société civile à la politique étatique des droits de l’homme ».

Le résultat de cet affrontement a pris de l’importance depuis vendredi dernier, lorsque la Commission interaméricaine des droits de l’homme a publié un rapport sévère sur le Brésil, dénonçant la violation systématique qui s’est accélérée depuis l’investiture de l’actuel président. Ce rapport peut et doit être lu par toutes les personnes concernées par le sauvetage de la démocratie au Brésil. Avant qu’il ne soit trop tard.

L’axe de l’argumentation juridique de l’ADPF est solidement construit autour des principes de participation populaire et de non-régressivité des droits de l’homme. Après avoir reconstitué le processus démocratique d’élaboration des trois Plans Nationaux des Droits de l’Homme (PNDH – 1996, 2002 et 2009), nés dans différents gouvernements, mais montrant une harmonie et une continuité dans le contenu, le recours demande à la Cour suprême d’annuler les l’ordonnance:

«La persistance de cette ordonnance et le sentiment transmis aux luttes collectives que tout a été perdu va à l’encontre du projet constitutionnel de 1988 (…).

Nous ne parlons pas ici de la simple création d’un groupe de travail, mais de la possibilité concrète que l’évaluation des politiques des droits de l’homme et des programmes qui les concernent puisse avoir lieu sans la participation de la société civile, dans sa diversité et sa multiplicité ».

La Cour suprême fédérale a maintenant la parole.


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