Le Brésil

« Dans la culture, le cauchemar n’a pas de fin. Et les tragédies sont quotidiennes » – Jornal da USP

L’incendie de la collection Cinemateca, les changements dans la loi Rouanet et dans Plataforma Lattes sont, selon Martin Grossmann, des « blagues eschatologiques »

La vie quotidienne dans la culture n’a que des nouvelles tragiques. « Nous vivons dans une surréalité accrue. Ce cauchemar n’a pas de fin », avoue Martin Grossmann dans sa chronique En Culture, le Centre est partout, à Radio USP. « Parfois, nous pensons que ce sont de mauvaises blagues. Ou des blagues eschatologiques jusqu’à… »

Le professeur est mécontent des modifications apportées au décret du gouvernement Bolsonaro dans la loi Rouanet. « Cette situation n’est pas possible. Mais elle est là. Les tragédies, si elles ne sont pas quotidiennes, se succèdent… ». Face à la situation, il partage son état de choc, tel qu’il le définit. « On ne peut pas laisser de côté la question de la reformulation de ce qu’on appelait la loi Rouanet, démontrant une fois de plus qu’il y a une véritable atteinte à la culture brésilienne. Un décret qui modifie substantiellement le fonctionnement de la loi Rouanet, permettant à l’Exécutif du gouvernement, le Secrétaire spécial à la Culture de déterminer quels projets cette loi soutiendra.

Parmi les nouvelles tragiques, Grossmann souligne l’incendie du hangar de la Cinemateca. « Une partie importante de la collection qui garde la mémoire de l’audiovisuel produit dans le pays est détruite. » Il rappelle aussi une autre perte de patrimoine dans notre histoire avec l’incendie du Musée national. « Ce sont des pertes irremplaçables de références essentielles pour notre imaginaire et pour l’identité brésilienne. »

Dans le domaine de la connaissance, Grossmann signale un autre fait désastreux. « Le CNPq a cessé de donner accès et de permettre aux chercheurs de mettre à jour leurs programmes sur la Plateforme Lattes, la principale plateforme de la science brésilienne qui rassemble des milliers de CV de chercheurs, scientifiques liés aux universités et instituts de recherche.

Grossmann précise que le Conseil national pour le développement scientifique et technologique (CNPq), rattaché au ministère de la Science et de la Technologie, garantit qu’il existe de nouveaux équipements de sécurité déjà achetés et assure la sauvegarde des contenus. «Maintenant, dans le cas du Museu Nacional et de la Cinemateca Brasileira, il n’y a pas de copies de sauvegarde. Nous avons perdu des collections inestimables de représentation culturelle de l’identité nationale. Ce n’est pas seulement une omission, une irresponsabilité administrative, mais un crime.

En enregistrant la chronique, Martin Grossmann a reçu la nouvelle du décès de Francisco Weffort, le 1er août, politologue et ministre de la Culture du gouvernement de Fernando Henrique Cardoso. « Un grand penseur de la politique brésilienne, en particulier de la démocratie. Jusqu’à la fin de sa vie, à l’âge de 84 ans, il a continué à faire des recherches, à collaborer, préoccupé par la situation dans notre pays.


En Culture, le Centre est partout
La rubrique Culture, le Centre est à Toda Parte, avec le professeur Martin Grossmann, est diffusée tous les mercredis à 9h30, sur Rádio USP (São Paulo 93,7 FM; Ribeirão Preto 107,9 FM) et également sur Youtube, avec la production de Jornal da USP et TV USP.

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