Trois ans après le lancement de « Médecins pour le Brésil », le gouvernement Bolsonaro a annoncé l’embauche de 529 médecins qui serviront dans 24 États du Brésil. Pour rappel, le gouvernement actuel a introduit ce programme en 2019 en remplacement du programme Mais Médicos, créé sous mon administration au ministère de la Santé et qui donnait accès aux soins de santé à 63 millions de Brésiliens avec 18 240 médecins répartis dans 4 058 municipalités, 34 dont quartiers indigènes.
Le manque de médecins pour soigner dans les coins du pays est une réalité. Et plus de médecins doivent encore être dans tous les coins de ce pays pour servir les personnes qui en ont le plus besoin.
L’intention n’a jamais été de détruire ou de créer des obstacles dans le nouveau programme, comme le fait Bolsonaro avec Mais Médicos. Mais nous voulons que les médecins atteignent toutes les municipalités qui en ont besoin. Le but est de démasquer les mensonges du gouvernement. Et ainsi construire le meilleur pour le peuple, très différent de ce que fait Bolsonaro.
La déception est qu’après trois ans d’annonce du programme, toujours dans la plus grande tragédie humaine qui a coûté la vie à des milliers de Brésiliens qu’est la pandémie de Covid-19, le gouvernement brésilien annonce l’embauche de seulement 529 médecins. De plus, il crée des mensonges absurdes en annulant Mais Médicos, qui, selon les sondages, avait 95% de satisfaction des utilisateurs.
Juste pour vous donner une idée : Mais Médicos a emmené plus de 2 600 professionnels de la santé dans plusieurs municipalités de l’État de São Paulo. Doctors for Brazil n’en prend que 41. En d’autres termes, au lieu de travailler pour amener plus de professionnels à ceux qui en ont le plus besoin, le gouvernement invente des mensonges. Et il diffuse toujours de fausses nouvelles et disqualifie les médecins cubains.
Certains de ces médecins travaillent déjà dans les municipalités. Ils cesseront tout simplement d’avoir des liens avec les mairies. Ils deviendront entièrement liés au gouvernement fédéral.
Bolsonaro ment quand il dit que Mais Médicos n’a pas eu un large débat dans les organes constitutionnels. En effet, la loi-programme a été approuvée par le Congrès national, la Cour supérieure fédérale (STF), la Cour fédérale des comptes (TCU) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS). C’est-à-dire qu’en plus d’être bien évalué par la société, il a été approuvé par les organes de contrôle et le pouvoir judiciaire.
Le président dit que les médecins seront mieux payés, mais il ment quand il dit qu’ils feraient carrière dans l’Etat, avec une stabilité permanente. Et aussi lorsqu’il parlait de les embaucher par CLT, car en fait ces médecins vont recevoir une bourse fédérale pendant deux ans. Ce n’est qu’alors qu’ils seront embauchés.
Une autre contrevérité dite par Bolsonaro est lorsqu’il attaque des médecins cubains qui travaillaient chez Mais Médicos. Non seulement il attaque les professionnels qui ont sacrifié leur vie et socialisé avec leurs familles pour donner dignité et santé aux Brésiliens, mais il déprécie également le professionnalisme, affirmant qu’« ils ne connaissaient rien à la médecine ».
L’embauche de médecins cubains de Mais Médicos a fait l’objet d’un partenariat avec l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS), qui a rémunéré ces professionnels. Ainsi, Bolsonaro ment quand il dit que 80% des salaires des médecins étaient destinés à Fidel Castro.
Bolsonaro ment en lançant un programme qui embauche 529 médecins supplémentaires, qui remplace en fait le lien des professionnels qui travaillent déjà et crée le programme avec moins de médecins, réduisant l’embauche de médecins, les soins de santé de base et la qualité de vie du peuple brésilien.

Alexandre Padilha est médecin, professeur des universités et député fédéral (PT-SP). Il a été ministre de la Coordination politique de Lula et de la Santé de Dilma et secrétaire à la Santé de l’administration de Fernando Haddad dans la ville de SP.