Si la vie vous donnait l’opportunité de vous venger de celui qui vous a fait vivre un enfer tout au long de votre adolescence, le feriez-vous quelles que soient les circonstances ? C’est l’un des thèmes abordés par « Enemigos », un drame espagnol réalisé par David Valero.
Disponible sur Prime Video, le film raconte l’histoire de Chimo (Christian Checa) et El Rubio (Hugo Welzel), deux adolescents d’Alicante (sud-est de l’Espagne, dans la Communauté de Valence), qui ont grandi en ennemis irréconciliables entre brimades et harcèlement.
Avec une mise en scène qui respire le quartier sans tomber dans le misérabilisme, l’histoire tourne autour de l’opportunité qui s’offre à Chimo de se venger d’El Rubio, son harceleur, sans imaginer que les conséquences de cet acte changeront leur vie à tous les deux.
Et maintenant, El Rubio, le garçon avec les lettres HAINE tatouées sur ses jointures, est désormais en fauteuil roulant après s’être écrasé avec la moto qu’il a volée à Chimo, l’une de ses victimes. La blessure à la colonne vertébrale qu’il a subie l’a laissé tétraplégique. La dynamique du pouvoir a évidemment changé et a laissé Chimo avec la vengeance à portée de main.
sujets inconfortables
À partir de là, le film aborde des sujets inconfortables tels que le ressentiment, le harcèlement, la vengeance et la relation complexe entre victime et bourreau, combinant des moments d’émotion avec un développement de personnage complexe, humain et largement réaliste.
« Victime et bourreau, harcelé et harceleur, au fond, ils portent les mêmes cicatrices tatouées sur eux. Et en même temps, le spectateur aussi », souligne la critique du portail Fotogramas, qui définit ce long métrage comme « viscéral, authentique et surtout honnête ».
Le scénario, co-écrit par David Valero et Alfonso Amador, oblige le spectateur à se confronter à une réalité inconfortable concernant le harcèlement et les zones grises dans les relations humaines. Elle ne juge, ne condamne ni ne justifie les actes de ses protagonistes, elle se contente de les dénoncer.
Christian Checa est Chimo et Hugo Welzel est Raúl, El Rubio. Photo : avec l’aimable autorisation de Prime Video
Le rap comme connexion
Dans la fiction, d’une durée approximative d’une heure et 40 minutes, se démarque également l’utilisation du rap comme élément central pour exprimer les émotions, notamment celle d’El Rubio, et faire avancer l’intrigue.
Le genre fonctionne comme une thérapie pour les personnages et un moyen pour eux de comprendre et d’affronter leur réalité. En même temps, la musique est présentée comme le point d’union entre Chimo et El Rubio, qui commencent à se rapprocher malgré leurs conflits initiaux.
Avec l’aimable autorisation : Prime Vidéo
Le négatif
Un autre point à souligner réside dans le contexte des quartiers d’Alicante et de Madrid, qui donne de la crédibilité et un contexte social à l’histoire.
Le film n’est cependant pas sans défauts. Parmi les points négatifs, on peut souligner quelques problèmes de montage, avec les dialogues et une chute vers l’idyllique dans la deuxième partie, au lieu de continuer à se concentrer sur le réalisme social qui caractérise les premiers instants. Pour autant, le film est soutenu par ses messages sous-jacents et ses performances abouties.
Avec l’aimable autorisation : Prime Vidéo