La Colombie

Facebook contre Google et l’Australie

23 février 2021 – 23h35
Pour:

Mario Carvajal Cabal

Récemment, en Australie et dans le monde, une discussion a eu lieu sur la manière de gérer correctement la relation entre les médias et les entreprises dites «Big Tech» comme Google et Facebook. Le pays océanique est sur le point d’adopter une loi dans laquelle des plateformes telles que Google et Facebook doivent payer les médias pour le droit de diffuser les informations sur leurs plateformes. Cela a généré une controverse parmi ceux qui affirment que si cette loi est approuvée, elle servira de modèle dans le monde entier pour reformuler et réguler le marché de l’information en ligne, tandis que d’autres doutent de son efficacité à renforcer les médias locaux.

Les réactions de Facebook et de Google à cette proposition de loi étaient diamétralement opposées. Bien que les deux plates-formes aient initialement prétendu être contre le contenu du projet de loi, la seconde a finalement conclu un accord avec plusieurs médias australiens, tels que Nine et News Corp. Pour sa part, le réseau social de Mark Zuckerberg n’a pas opposition, et interdit de partager ou de publier des nouvelles des médias dans le pays. Cependant, sous la pression de la communauté internationale, ainsi qu’après avoir négocié avec le gouvernement australien, la société a décidé de se prévaloir des nouvelles conditions.

Le projet de loi vise à ce que les médias locaux puissent obtenir des ressources suffisantes pour maintenir leur fonctionnement. Le prix peut être négocié individuellement, comme News Corp directement avec Google, ou via un groupe de petits médias. Le projet de loi vise à permettre aux deux parties de parvenir à un accord par voie de négociation directe ou par l’intermédiaire d’un tribunal arbitral établi par le gouvernement.

Cependant, certains soulignent que le modèle australien finira par profiter aux conglomérats, mais pas au journalisme local. Selon l’éditorial du Financial Times, les grandes entreprises «  Big Tech  » pourraient utiliser l’obligation de payer les médias comme une barrière à l’entrée pour les médias locaux, puisqu’elles ne seraient pas nécessairement incitées à négocier avec les petits médias, ceux que la loi cherche à protéger.

De même, le Congrès des États-Unis envisage de présenter un projet de loi similaire à celui de l’Australie, qui visera à ce que les petits médias puissent négocier conjointement des accords avec Facebook et Google pour partager plus équitablement les revenus tirés des revenus. La publicité numérique et pour avoir son contenu sur le plates-formes.

Il est important de noter que, pour une démocratie forte, les médias locaux sont essentiels. Celles-ci couvrent généralement des informations que les médias nationaux ne couvrent pas et sont souvent à l’origine d’enquêtes cruciales qui peuvent avoir des répercussions au niveau national et international. Ainsi, assurer la survie de ces médias est essentiel. Pour cette raison, il sera intéressant d’analyser comment la situation en Australie évolue, car si c’est un cas réussi, cela pourrait être la feuille de route pour établir une réglementation globale sur la relation entre les médias et les plateformes internet. Sinon, ses défaillances doivent être étudiées, afin d’arriver à une régulation qui équilibre l’équilibre entre ces deux secteurs. De la même manière, la discussion a déjà lieu, et c’est déjà un progrès.

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