Le Brésil

Idec demande l’intervention de l’ANS dans Prevent Senior suite à des plaintes

São Paulo – L’Institut brésilien de protection des consommateurs (Idec) a adressé une demande à l’Agence nationale complémentaire de santé (ANS) pour établir un régime spécial de contrôle technique contre Prevent Senior. Le prestataire de soins de santé fait l’objet d’une enquête par le CPI de Covid au Sénat. Elle aurait soumis ses patients à une étude sur le soi-disant traitement précoce, qui s’est avéré inefficace contre la maladie causée par le nouveau coronavirus. Dans la demande, Idec souligne que l’ANS peut intervenir dans l’administration de l’entreprise pour résoudre les problèmes identifiés.

L’avocat de l’institut Marina Paullelli explique que la direction technique est appuyée par la résolution normative de l’agence. « Et elle peut être appliquée en cas de graves anomalies administratives mettant en péril l’assistance et la santé des usagers d’un opérateur », souligne-t-il. À terme, ANS pourrait même conduire à la vente de Prevent Senior. La mesure est envisagée si l’agence conclut que les problèmes n’ont pas été résolus, selon l’avocat.

Ce n’est pas la première fois qu’Idec remet en cause des actions promues par l’opérateur de santé pendant la pandémie. Depuis mars 2020, l’institut a émis trois notifications demandant à l’entreprise d’expliquer les protocoles internes d’administration et de distribution de médicaments inefficaces contre le covid-19. Parmi eux figurent la chloroquine, l’ivermectine et l’azithromycine.

Plaintes contre l’exploitant

« Idec comprend que la fourniture d’informations sur un traitement avéré inefficace pour le covid-19 viole plusieurs principes du Code de défense de la consommation. Principalement les principes de prévention, de précaution et les droits à la santé, à la sécurité et à l’information des consommateurs. La santé complémentaire est un marché d’intérêt public étant donné l’importance du service pour la vie et la santé du consommateur. Pour cette raison, les opérateurs sont soumis aux mêmes exigences qui s’appliquent à l’administration publique », souligne Marina.

Prevent Senior a été signalé au CPI de Covid par un groupe de médecins et d’anciens médecins de Covid. Parmi les principales plaintes, ils affirment que, depuis le début de la pandémie, l’opérateur et le gouvernement de Jair Bolsonaro ont passé un accord pour tester et diffuser les médicaments du soi-disant « kit covid ». Dans le cadre de cet accord, Prevent Senior réalisait une étude pour tester l’efficacité de l’hydroxychloroquine, associée à l’azithromycine, pour traiter l’infection. La recherche, qui a même été saluée par Bolsonaro, a caché la mort de patients qui ont participé aux tests.

Médecin, député fédéral et ancien ministre de la Santé dans le gouvernement de Dilma Rousseff, Alexandre Padilha (PT-SP) affirme que, s’il est prouvé, ce sera le « plus grand scandale éthique de l’histoire de la médecine brésilienne ». «Et encore un autre fait très grave de la machine de soutien à Bolsonaro qui a mis en action l’immunité collective, l’utilisation de médicaments inefficaces et le charlatanisme comme méthode. A chaque fois, on découvre qui en a tiré de l’argent, qui a profité de cette titata », évalue le député.

L’opérateur nie

Dans un communiqué, Prevent Senior a nié et répudié ce qu’il a qualifié d' »allégations systématiques et mensongères faites anonymement au CPI de Covid et à la presse ». L’opérateur affirme avoir adressé ce lundi (20) une demande au parquet général (PGR) pour que l’agence enquête sur les plaintes « non fondées et anonymes ».

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