Juan Manuel Laguardia avec un cœur plein de chola

Depuis plus de deux décennies, la radio vénézuélienne a une référence imbattable : la voix de Juan Manuel Laguardia. Connu de tous sous le nom de « Sergent Fullchola », cet homme non seulement dénonce le trafic, mais insuffle une vitalité, une culture et un humour profond enracinés dans l’identité nationale.

Ses 50 ans de carrière ont récemment été validés par le prix Glorias Artísticas de Venezuela, décerné dans le cadre du Prix National de la Culture 2024-2025. En apprenant le prix, Laguardia a réfléchi sur le poids du mot Gloire : « On se demande si c’est à cause des années, de la qualité ou de cette harmonie magique avec le public. C’est le contenu livré et la persévérance devant le public qu’un jury apprécie. En recevant quelque chose comme ça, on se sent vraiment dans la gloire. »

Un andalou à Caracas

Bien que née à Puerto de Santa María, en Espagne, le 1er janvier 1946, Laguardia est un véritable produit du sol vénézuélien. Ses parents ont émigré fuyant la guerre civile alors qu’il n’avait que deux ans. Il a grandi dans un Caracas de contrastes, entre Sabana Grande et Bello Monte, dans une maison où l’amour compensait les limitations économiques.

Son destin était sur le point d’être l’autel ; Son père rêvait de le voir devenir prêtre pour le tenir à l’écart d’une vie turbulente. Cependant, après son passage dans les écoles jésuites et salésiennes, le directeur de l’école et ses parents ont compris que sa véritable foi n’était pas dans le séminaire, mais dans le théâtre et la communication.

Pionnier absolu

Ses débuts n’ont pas été faciles. Après une première tentative ratée à Radio Capital, il fait ses armes à Maracay avant de rentrer triomphalement dans la capitale. Laguardia a été un pionnier absolu : il a été le premier à transmettre le trafic depuis une moto (Mototráfico), puis depuis le légendaire avion léger « Tango Tango Fox ». Le nom « Fullchola » est né d’une anecdote quotidienne. Luis Muñoz Tébar « Lumute » a entendu un chauffeur de camion crier « allons-y à fond ! » (pleine accélération) et a décidé que ce serait le pseudonyme parfait pour l’homme qui surveillait l’asphalte depuis les hauteurs du Parque Central.

L’humour avec un but

Laguardia a également été un pilier de grands moments de communication tels que « La Hora del Camaleón », ainsi que l’inoubliable Graterolacho, où l’humour politique était traité avec une acuité qui nous manque aujourd’hui. De plus, il a porté son talent au cinéma dans des classiques comme le célèbre film écrit et réalisé par César Bolívar, Dimanche de Pâques.

Aujourd’hui, depuis la station de radio Fiesta 106.5 FM, le Sergent maintient un engagement sans faille. Sa programmation est un écosystème où cohabitent science, culture et divertissement sain. « Si j’ai tenu aussi longtemps, c’est parce que je n’ai jamais manqué de respect au public », dit-il avec la verticalité qui le caractérise. Elle a accompagné plusieurs générations au cours des 24 dernières années. « Il y a un grand engagement. Le premier est de se lever très tôt chaque jour pour préparer le programme, car cela ne s’improvise pas. Même si je produis, j’ai une équipe de professionnels. Le véritable engagement est de maintenir ce public, ce qui n’est pas facile du tout. »

Au-delà des microphones, Laguardia continue de semer l’avenir en tant que directeur de l’École de radiodiffusion pour les Amériques et les Caraïbes (ELAC), veillant à ce que la radio vénézuélienne ne cesse jamais d’avoir de l’importance.

Iconique

Dès son plus jeune âge, il s’est intéressé au domaine artistique et à la communication : « un jeune du théâtre, du théâtre, de l’animation et, surtout, de la radio. J’adorais faire des imitations. Mon approche était due à mon goût pour les feuilletons radiophoniques (ce que je fais actuellement, puisque j’en ai produit 14 avec un style différent de ceux de Rumbos ou de Continente) » dit-il.

Cette année, dans la distinction Gloires Artistiques qui honore des figures emblématiques de l’imaginaire collectif national, il est accompagné de : Leonel Durán, Estelita del Llano, Leonor Fuguett, David H. Cedeño, Chucho Acevedo, Nery Jhonson et Guillermo E. González Briceño.