La Campagne Admirable a constitué l’un des événements les plus marquants de l’exploit émancipateur, car elle a été le premier grand triomphe patriotique remporté par Simón Bolívar, qui, en plus de la défaite qu’il a infligée au colonialisme espagnol, a mérité le titre de Libérateur, qui lui a été décerné le 14 octobre 1813. Cela confirme la déclaration du Conseil municipal de Mérida, émise par son président, Luis María Rivas, qui a déclaré : « Gloire à l’Armée libératrice et Gloire au Venezuela qui t’a donné l’existence, citoyen ordinaire. Que ta main infatigable continue à détruire victorieusement les chaînes, que ta présence soit la terreur des tyrans et que toute la terre colombienne dise un jour : Bolivar a vengé nos griefs.
Avant le début de la Campagne Admirable, la Première République, fondée en 1810, était tombée après le 19 avril, lorsque le leader royaliste Vicente de Emparan fut destitué. C’est alors que Bolívar quitta le territoire vénézuélien et arriva à la Nouvelle-Grenade et reçut ensuite l’aide de Manuel Rodríguez Torices à Carthagène, en soldats et en armes. L’année 1813 commençait et dans ses actions, il arriva dans la ville de Trujillo le 14 juin et prit la ferme décision de déclarer la guerre à mort pour commencer fermement la lutte d’indépendance, qui développait alors également ses activités de guerre libertaire par José Félix Ribas et les natifs de la Nouvelle-Grenade Antonio Ricaurte et Atanasio Girardot, qui triomphèrent à Niquitao.
Bolívar commandait une force de 1 600 hommes, tandis que les royalistes étaient jusqu’à 10 fois plus nombreux et attendaient également des renforts de l’Espagne et des Antilles. Cette supériorité numérique imposait une action guerrière de mouvement agile, qui surmontait le contrôle du temps et de l’espace exercé par les colonialistes. Le 2 août, Bolívar entre dans l’important bastion de Valence et, sans tarder, le 6 du même mois, moins de trois mois après le début de l’avancée, la petite armée patriote entre à Caracas. La campagne avait été « admirable », d’où le nom sous lequel il serait connu. En quelques semaines, l’armée espagnole fut vaincue consécutivement et se retira vers Caracas. En 1814, la Deuxième République tombe et c’est après le triomphe de Manuel Piar, à la bataille de San Félix, le 11 avril 1817, que les patriotes triomphent jusqu’à la bataille d’Ayacucho, et là se trouvent les pays libérés par le Libérateur et Antonio José de Sucre.