La France manque le moment de déclarer son intérêt pour le Traité de coopération amazonienne – Jornal da USP

Pedro Luiz Côrtes juge politiquement improbable l’approbation de la demande d’adhésion de Macron au traité

« Macron sait que les yeux du monde sont tournés vers l’Amazonie » – Photo : Andre Deak via Wikimedia Commons

Le président français Emmanuel Macron a déclaré son intérêt à participer au Traité de coopération amazonienne, car il possède un territoire dans la forêt équatoriale de la Guyane française. Cependant, le leader européen n’a pas assisté au sommet amazonien, organisé par le gouvernement Lula début août, où le sujet était abordé, provoquant un malaise parmi les écologistes français et les membres du gouvernement brésilien.

Pedro Luiz Côrtes, professeur à l’École des Communications et des Arts (ECA) et à l’Institut de l’Énergie et de l’Environnement (IEE) de l’USP, affirme qu’à l’heure actuelle, la demande d’adhésion de la France au traité est politiquement très improbable, car elle a été rejetée le moment de déclarer les intérêts.

Contexte politique

Le professeur explique qu’il y a eu une série d’erreurs diplomatiques de la part de la France qui ont tendu ses relations avec le Brésil. Premièrement, Macron n’a pas assisté au sommet de l’Amazonie parce qu’il était en vacances et a envoyé à sa place une ambassadrice qui est sur le point de quitter son poste, ce qui signifie qu’elle n’aura bientôt plus ses fonctions administratives.

« De plus, quelques semaines auparavant, Lula avait participé à une manifestation environnementale organisée par Macron et espérait une réciprocité, ce qui n’a finalement pas eu lieu », ajoute Côrtes. Malgré toutes les traditions politiques internationales, le professeur souligne un point plus cohérent de la situation : le document final de la réunion. Selon l’article 27 du Traité de coopération amazonienne, « ce traité aura une durée illimitée et ne sera pas ouvert aux adhésions ». Il n’y a donc aucune possibilité politique que la France entre dans ce scénario.

Pedro Luiz Cortes – Photo: Lattes

Intérêts français

La justification du territoire amazonien présent en Guyane française est considérée comme valable par Côrtes comme une forme d’outre-mer, mais il souligne le retard dans la reconnaissance et la revendication de ce droit par Macron. Un autre aspect de l’intérêt français concerne la tentative de pacifier la politique intérieure, car les écologistes ont vivement critiqué le manque d’intérêt du président pour cette question.

En outre, le professeur s’interroge sur les intentions politiques du président français compte tenu de la baisse de sa popularité, due au mécontentement suscité par la réforme fiscale. « Macron sait que les yeux du monde sont tournés vers l’Amazonie, il veut être le seul pays européen à participer à ce traité et, de manière très informelle, être une sorte d’ambassadeur de l’Union européenne au sein de ce traité » , souligne Côrtes.

Ainsi, la réaction négative après « l’absence » de la France au Sommet est due au fait que le pays ne s’est pas prononcé au bon moment pour déclarer sa position, surtout dans un scénario d’importance croissante de l’Amazonie dans les questions climatiques. Toujours au niveau national, le professeur commente la possibilité de réglementer projets de crédits carbonela forêt équatoriale bénéficiant d’initiatives de reboisement.


Journal de l’USP en ondes
Jornal da USP no Ar est un partenariat entre Rádio USP, l’Escola Politécnica et l’Institut d’études avancées. Nà l’antenne, sur Rede USP de Rádio, du lundi au vendredi : 1ère édition de 7h30 à 9h00, avec une présentation de Roxane Ré, et autres éditions à 14h00, 15h00 et 16h00 : 45h. À Ribeirão Preto, l’édition régionale sera diffusée de 12h à 12h30, avec une présentation de Mel Vieira et Ferraz Junior. Vous pouvez écouter Rádio USP à São Paulo FM 93,7, à Ribeirão Preto FM 107,9, sur Internet à l’adresse www.jornal.usp.br ou via l’application Jornal da USP sur votre téléphone portable.