Les nouvelles autorités militaires du Niger ont annoncé la suspension des accords de coopération militaire qu’elles entretenaient avec la France, compte tenu de « l’attitude indifférente » des Français face à la situation dans ce pays africain, a rapporté vendredi le porte-parole de la junte, Amadou Abdramane, selon agences. .
« Compte tenu de l’attitude dédaigneuse de la France vis-à-vis de la situation au Niger, le Conseil national de défense de la patrie a décidé de révoquer les accords de coopération en matière de sécurité et de défense avec ce pays », ont déclaré les rebelles dans un communiqué.
De même, les militaires ont révoqué les pouvoirs des ambassadeurs extraordinaires et plénipotentiaires de la République du Niger en France, au Nigeria, au Togo et aux États-Unis.
Ils refusent l’intervention
La junte militaire qui a pris le pouvoir au Niger après le coup d’État a également annoncé son rejet de tout type d’intervention militaire étrangère.
À son tour, la junte putschiste a souligné qu’elle réagirait « immédiatement » si une agression ou une tentative d’agression contre la nation était menée par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).
Cette déclaration intervient après que la CEDEAO a fixé un ultimatum de trois jours pour le retour à l’ordre constitutionnel, qui a été soutenu par les États-Unis et plusieurs pays africains comme le Sénégal.
Les chefs d’Etat du groupe CEDEAO concluent ce vendredi une réunion dans la capitale nigériane, Abuja, d’où devraient sortir des définitions sur une éventuelle intervention militaire au Niger.
Il s’est avéré qu’une délégation de la CEDEAO, qui s’était rendue la veille au Niger pour trouver une issue à la crise, a quitté ce pays quelques heures plus tard sans avoir rencontré le chef des militaires putschistes, a rapporté ce vendredi l’un de ses membres.
Le président déchu s’est adressé à la communauté internationale
Le président déchu Mohamed Bazoum a demandé dans une tribune publiée dans le journal Washington Post, l’aide des États-Unis et de la communauté internationale pour rétablir l’ordre constitutionnel dans son pays.
La semaine dernière, un groupe de soldats, qui ont formé le soi-disant Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), a destitué le président élu en 2021, dans le cadre de la première transition démocratique dans la nation africaine depuis son indépendance en 1960. .