« Il y a eu une discussion importante sur ce qui s’est passé dans le Parc National de Morrocoy… Je défends l’esprit de récréation, de plaisir, de notre culture, que nous avons vu dans ce carnaval de 2026, mais cela doit aussi être fait avec équilibre, dans le respect de la nature car nous avons vu certains abus. »
Ce sont les mots de la présidente en charge Delcy Rodríguez au moment de faire le bilan des carnavals de 2026. La réflexion répond à la polémique générée par les images rapidement devenues virales sur les réseaux sociaux montrant des personnes occupant complètement la basse Los Juanes, dans le parc national de Morrocoy, avec des yachts et des bateaux dans une grande fête qui empêchait d’autres personnes ou familles de profiter des espaces. Mais pas seulement, ils ont également tiré avec de la mousse, des tanganas et d’autres substances qui ont fini par contaminer des espaces naturels censés être protégés.
De nombreuses personnes, notamment des militants écologistes, ont dénoncé avec force ce qui s’est passé sur les réseaux et dans les médias, attirant l’attention des autorités. Deux personnes ont été arrêtées et le ministère public a ouvert une enquête formelle.
Une autre pratique devenue courante consiste à jouer au Carnaval en jetant les uns sur les autres de la mousse vendue dans des bombes à valve aérosol, des poudres colorées, de l’eau ou d’autres substances. La mousse, en particulier, a été le protagoniste au cours des dernières saisons. Mais ce qui ressort encore plus, c’est le fait que certaines personnes attaquent ceux qui ne jouent pas, même des étrangers, ce qui entraîne des bagarres et des blessures. L’année dernière, un jeune homme est mort parce qu’il s’était défendu contre une attaque à la mousse à Los Próceres et avait été battu. À d’autres occasions, de grands combats de rue ont éclaté à la suite de « guerres » de tangana ou de mousse.
Compte tenu de ce panorama, en Données de l’ONU Nous avons décidé de consulter l’opinion de notre public sur ces pratiques du Carnaval. Nous avons publié une enquête numérique via la plateforme Telegram et entre le mercredi 18 février et le vendredi 20 février, 308 personnes ont participé. Ce sont les résultats.
Ils sont très peu nombreux
Nous avons commencé par demander aux participants de notre enquête s’ils ont l’habitude de participer à des jeux tels que lancer de la mousse, du papier, des banderoles ou des tanganas. Seulement 6,7 % ont répondu oui, tandis que 93,3 % ont répondu non.
Nous leur avons ensuite demandé s’ils avaient participé à ce type de jeux lors des carnavals de cette année. Seulement 3,3 % ont répondu qu’ils avaient participé, tandis que 96,7 % ont déclaré ne pas l’avoir fait.
Un abus, il faut faire quelque chose
Nous avons demandé l’opinion du public sur la pratique consistant à lancer de la mousse, du papier, du tangana ou d’autres substances comme jeu de carnaval sur des personnes qui ne jouent pas volontairement. La grande majorité, 89,9%, soit neuf sur 10, estime qu’il s’agit d’un abus qui peut poser problème.
Un petit groupe de 5,6% estime que c’est quelque chose qui arrive parfois, mais que ce n’est pas si grave, tandis qu’un autre groupe encore plus petit (4,5%) affirme qu’il s’agit d’une chose normale et traditionnelle du Carnaval.
La grande majorité pense qu’il faut faire quelque chose, mais les avis sont partagés. D’une part, 47,7% estiment que l’utilisation de mousse, de papier, de tangana ou d’autres substances comme jeu de carnaval devrait être réglementée et surveillée. En revanche, 45,5% estiment que cela devrait être interdit. Seul un petit groupe de 6,8% affirme que cela doit être une pratique libre et sous la responsabilité de chacun.
Irresponsable
Nous avons également demandé votre avis sur les événements survenus dans le parc national de Morrocoy, où les gens ont utilisé de la mousse, des tanganas et d’autres substances pour jouer au carnaval dans des espaces écologiques protégés. Le constat est presque unanime : neuf participants sur 10 (93,3%) ont indiqué que ce qui s’est passé était irresponsable et qu’ils n’auraient pas dû le faire. Seuls 2,2% estiment qu’il s’agit d’un droit de toute personne et 4,5% déclarent ne pas avoir d’opinion sur la question.
Enfin, nous avons consulté les opinions des participants sur qui devrait être responsable de la protection des espaces écologiques tels que le parc national Morrocoy contre les pratiques susceptibles de générer des dommages environnementaux. Nous avons obtenu que 78,4%, soit trois sur quatre, ont déclaré que c’était la responsabilité de tous.
L’État est responsable, 15,9% estiment et 5,7% estiment que c’est la responsabilité individuelle de chacun.





