La police équatorienne a réprimé ce vendredi à Quito une mobilisation massive contre les réformes sociales et économiques du président Daniel Noboa. Des milliers de personnes les ont décrits comme anti-ouvriers.
La force publique a réprimé des milliers de manifestants, appartenant à des organisations sociales, des syndicats et des groupes citoyens, sur la Plaza de Santo Domingo, à Quito. La police a utilisé des bombes assourdissantes et des gaz lacrymogènes pour disperser la mobilisation, qui s’est déroulée dans un contexte de contrôle militaire strict et de couvre-feu nocturne dans des provinces comme Guayas et Los Ríos.
La manifestation, convoquée par le Front populaire, le Front unitaire des travailleurs (FUT) et le Syndicat national des éducateurs (UNE), a dénoncé l’accord ministériel MDT-2026-059, qui autorise des heures de travail jusqu’à 10 heures par jour. Ils ont également rejeté la loi minière, qui facilite l’extraction aux Galapagos, ainsi que d’autres réformes promues par le gouvernement Noboa.
Des dirigeants syndicaux, comme José Villavicencio de l’Union générale des travailleurs de l’Équateur (UGTE), ont qualifié ces mesures d’« anti-ouvrières ». Ils ont dénoncé le fait que l’administration du président Daniel Noboa donne la priorité aux intérêts des grands hommes d’affaires, tout en maintenant le gel des salaires et en réduisant le budget des secteurs vitaux comme la santé et l’éducation.
Cette mobilisation marque la première grande journée de protestation de l’année 2026 et se pose également en réponse à la loi GAD, qui, selon les manifestants, pourrait affecter les programmes sociaux promus par les communes et les préfectures. La marche comprenait également des slogans sur l’insécurité dans le pays et des critiques à l’égard des membres de l’assemblée du parti au pouvoir pour l’approbation de ces réformes.
Les leaders sociaux soulignent que les manifestants expriment également leur mécontentement face à ce qu’ils considèrent comme une méconnaissance des résultats des consultations populaires. Lors de ces consultations, les citoyens ont rejeté des propositions telles que le travail horaire ou l’installation de bases militaires étrangères, ce qui renforce le mécontentement des secteurs populaires.
Face au manque de dialogue et à la réaction violente de la police, des dirigeants comme Edwin Bedoya de la FUT ont annoncé une convention nationale pour définir de nouvelles mesures de pression, sans exclure une grève nationale face à la crise sécuritaire et à la précarité de l’emploi dans le pays.
Les mobilisations ont également eu lieu dans au moins dix-neuf villes du pays, dont Guayaquil, Esmeraldas, Riobamba, Cuenca, Machala, Loja et Lago Agrio.