Le régulateur russe des télécommunications, Roskomnadzor, a confirmé jeudi le blocage du réseau social Snapchat, alléguant que la plateforme a été utilisée pour organiser et perpétrer des actes terroristes dans le pays, ainsi que pour recruter leurs auteurs.
Cette mesure fait partie d’une offensive plus large contre les services numériques étrangers, qui, selon les autorités russes, sont utilisés pour coordonner des actions violentes et commettre des délits frauduleux contre les citoyens.
Outre Snapchat, le gouvernement russe a également restreint le service d’appel vidéo FaceTime d’Apple et a intensifié les contrôles sur des applications telles que WhatsApp et Telegram, accusées d’être utilisées par des organisations considérées comme extrémistes.
Arguments officiels en faveur du blocus
Roskomnadzor a noté que les enquêtes ont révélé que Snapchat facilitait la communication entre des groupes impliqués dans des activités illégales, représentant une menace directe pour la sécurité de l’État.
La décision s’ajoute à une série de mesures qui incluent l’interdiction de plateformes telles que Roblox, ainsi que des restrictions sur les services de réseau privé VPN, qui en Russie sont essentiels pour accéder aux applications bloquées.
Contrôle numérique en Russie
Depuis plus d’un an, Moscou a intensifié son contrôle sur les plateformes numériques, imposant des sanctions et des blocages sur des services internationaux comme YouTube, Instagram, X (Twitter) et divers médias occidentaux.
En 2022, la justice russe avait déjà sanctionné Snap Inc. pour violation de la loi locale sur le stockage des données, qui oblige les entreprises technologiques à conserver les informations personnelles des citoyens russes sur des serveurs situés à l’intérieur du pays.
Les experts en droits numériques préviennent que ce type de blocage, bien que justifié au nom de la sécurité nationale, porte également atteinte à la liberté d’expression et limite l’accès de la population aux canaux de communication privés, générant un climat d’autocensure.