‘l’affaire Moïse est un exemple du pire de nous-mêmes’

São Paulo – Le ministre de la Cour suprême fédérale (STF) Gilmar Mendes a lié, ce dimanche (6), l’assassinat du Congolais Moïse Kabagambe à l’occupation irrégulière de zones stratégiques de Rio de Janeiro par la milice. dans votre compte à Twitter, le ministre a souligné que l’action des groupes paramilitaires « est à l’origine de la crise de la sécurité publique ». Et il a demandé au ministère public de Rio de Janeiro (MP-RJ) et au ministère public fédéral (MPF) de faire avancer les investigations dans ce domaine. « L’affaire Moïse tire ses racines du pouvoir de l’État parallèle et de l’invisibilité du contrôle armé », a expliqué Gilmar Mendes.

Jusqu’à présent, l’enquête n’a pas confirmé la preuve de l’implication des milices dans le meurtre brutal ou l’occupation des kiosques à Barra da Tijuca, à l’ouest de Rio, où le crime a eu lieu. Le jeune congolais a été battu à mort à coups de matraque dans la nuit du 24 au kiosque Tropicália, au Posto 8 sur la plage de Barra. Selon la famille, il a facturé 200 R$ pour retard de paiement à l’établissement pour lequel il avait travaillé.

La semaine dernière, trois hommes ont été arrêtés pour implication dans le crime. L’un d’eux était un employé du kiosque de Biruta, à côté de Tropicália et appartenant au policier militaire Alauir Mattos de Faria. Selon Orla Rio, le PM serait devant l’establishment de façon irrégulière. Le Capital Homicide Precinct (DHC), responsable de l’enquête, n’a pas encore conclu la raison pour laquelle Moïse a été tué.

« Le pire de nous-mêmes »

Parmi les soupçons de participation ou non de groupes paramilitaires, la politologue Jacqueline Muniz, anthropologue et spécialiste de la sécurité publique à l’Université fédérale de Fluminense (UFF), observe que l’assassinat des Congolais révèle le degré de « dénuement de l’État et de sabotage de ses institutions qui garantissent nos allées et venues ». Dans une interview avec Marilu Cabañas, de Journal actuel du Brésilelle met en avant le crime brutal comme « un exemple du pire de nous-mêmes ».

Jacqueline énumère qu’il y a cinq facteurs qui, combinés, ont rendu cette violence brutale possible. Le premier d’entre eux est le racisme, qui relie également le meurtre de Durval Teófilo Filho, un homme noir de 38 ans, abattu par le sergent de marine Aurélio Alves Bezerra, un peu plus de deux semaines après l’affaire Moïse. Dans son témoignage, l’armée a affirmé avoir confondu Durval, qui était son voisin, avec un voleur. Par ailleurs, le scientifique y voit aussi la naturalisation de l’inégalité brésilienne, qui rend une partie de la population subalterne et privée de droits. En plus de la lecture négative de la société sur la condition de réfugié, le troisième point.

Elle évoque également la « logique de justice immédiate » comme autre facteur de cette violence. Enfin, Jacqueline cite également « des animateurs de l’auditorium fédéral qui stimulent exactement les tirs, les coups et les bombardements, la prédation des faibles aux forts et des forts aux faibles policiers, afin de permettre à l’homme fort musclé du coin d’exercer sa justice sur le bloc. Et ça commence par la présidence de la République », souligne-t-il.

Naturalisation des inégalités

« Chacun pour soi, Dieu pour personne et la milice pour tous. Nous avons (dans ce cas) cinq problèmes structurels au Brésil qui renforcent notre position d’inégalité et d’infériorité. C’est pour ça que ça nous embarrasse, parce que c’est un traitement. Et si on traite un réfugié comme ça, qui est un migrant forcé, qu’est-ce qui n’est pas pareil avec d’autres morts quotidiennes dans lesquelles les gens sont subordonnés ? Notre droit n’affecte celui de l’autre que si nous reconnaissons cet autre comme sujet de droit, et pas ici. Ici, la citoyenneté est une donnée d’en haut dont le sujet ne peut se servir », conteste-t-il.

La politologue conclut qu’en plus de descendre dans la rue, il faut aussi pointer du doigt les autorités qui sont de connivence avec ce qu’elle qualifie de « pouvoir du coin » et de « gouvernement criminel ». « Ce garçon est allé recouvrer une dette de travail et n’avait pas ce droit assuré. Et cela arrive quotidiennement. Nous n’avons pas de contrat au coin de la rue qui applique les règles constitutionnelles, le statut de la migration au Brésil, ainsi que d’autres lois. La loi sert celui qui est au sommet, qui est juge de l’appliquer. Et le citoyen brésilien est toujours exposé au jugement dernier, à une sainte inquisition au coin de la rue, surtout s’il est pauvre et vient de loin, loin de la périphérie, d’un autre pays. Il faut avoir le courage de dire comment on a naturalisé les inégalités et, avec elles, le racisme », renchérit Jacqueline Muniz.

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Rédaction : Clara Assunção – Montage : Helder Lima