L’attente angoissante des proches des disparus dans l’effondrement d’un immeuble à Miami

24 juin 2021 – 23h30

2021-06-24

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AFP

Regardant fixement ou sanglotant, les familles des habitants de l’immeuble effondré près de Miami ont passé jeudi avec impatience l’attente des nouvelles de leurs proches, alors que certains habitants de la tour cherchaient un endroit où rester après la catastrophe qui a fait au moins un mort et 99 disparus.

« J’ai tout perdu », confie Erick de Moura, 40 ans, devant le centre communautaire de Surfside, une petite ville du comté de Miami-Dade où il va essayer de trouver un logement pour les prochains jours.

Le Brésilien vivait au 10e étage du complexe des tours Champlain depuis trois ans, dont une partie s’est effondrée en pleine nuit pour une raison indéterminée.

De Moura assure avoir « survécu à un miracle » car la nuit dernière, il a décidé de dormir chez sa petite amie au lieu de retourner dans son appartement.

« Je suis SDF, j’ai perdu mes papiers, mes vêtements, ma carte verte, mon argent », explique-t-il, partagé entre tristesse et joie de vivre. « Je reviens juste de voir le bâtiment, c’est un choc. Je suis très triste mais je suis content d’être en vie. »

Le Brésilien s’inquiète toutefois du sort de ses voisins. « Tout s’est effondré. Je pense que les gens de mon usine sont morts », déplore-t-il.

Inquiétude et désarroi

Les habitants de la partie du bâtiment qui s’est effondrée avaient la plus belle vue, qui donnait directement sur la plage et l’océan.

Des équipes de recherche – pompiers, policiers, unités canines – ont passé la journée à essayer de retrouver des survivants dans les décombres, tandis qu’une grue dégageait et qu’un hélicoptère patrouillait dans le ciel.

Le reste du bâtiment de 12 étages a été laissé intact, certains balcons en fer ont été arrachés, mais tous les résidents ont été évacués pour des raisons de sécurité et la zone a été bouclée.

Les résidents se sont rassemblés à quelques pâtés de maisons au centre communautaire, qui est devenu un abri et une unité de secours.

Là, ils attendent d’être relogés, soit chez des proches, des proches ou dans des hôtels qui ont proposé des chambres. D’autres attendent des nouvelles de leurs proches qui habitaient l’immeuble.

Des volontaires ont apporté de l’eau, du café, des paniers de nourriture, des vêtements et des couvertures, et des équipes de la Croix-Rouge américaine et des services d’urgence sont là pour les réconforter.

Les gens vont et viennent; certains restent assis, sans bouger, le regard vide, d’autres luttent pour réprimer leurs sanglots.

Plus de 1 000 personnes sont passées par le centre communautaire, explique Ron Ben Hayoun, un bénévole de 22 ans.

Ce résident du nord de Miami est retourné dans son quartier d’enfance pour aider.

Dans cette ville à forte communauté juive, « on aide tout le monde, on ne fait pas d’exceptions », dit-il. « C’est un grand choc » pour la communauté et pour la ville, ajoute le jeune homme, qui vient de rentrer d’Israël, où il a effectué son service militaire.

Auparavant, le ministre israélien des Affaires étrangères Yair Lapid avait déclaré qu’il s’était entretenu avec le chef de la communauté juive de Miami et qu’Israël faisait « tout son possible pour aider les forces sur le terrain, les blessés et les familles ».