Le Brésil exclut l’intervention de Petrobras

Le gouvernement du Brésil a exclu mercredi toute intervention auprès de la compagnie pétrolière nationale Petrobras face à la récente hausse des prix internationaux du pétrole, affirmant que l’entreprise a sa propre gouvernance et opère selon les règles du marché.

Le ministre des Mines et de l’Énergie, Alexandre Silveira, a souligné qu’il y avait une « erreur » parmi ceux qui croient que le gouvernement entend intervenir dans les décisions de la compagnie pétrolière, qui est une société à capital ouvert et cotée à la Bourse de New York.

Au cours d’une audition devant la Commission des Mines et de l’Énergie de la Chambre des Députés, le ministre a déclaré que l’Exécutif avait analysé l’impact de l’augmentation des prix du pétrole brut lors d’une réunion avec le président Luiz Inácio Lula da Silva, mais avait exclu toute mesure impliquant une manipulation de la politique de prix de l’entreprise.

« Il serait irresponsable d’intervenir dans une entreprise qui a sa propre gouvernance et ses propres règles », a déclaré Silveira en faisant référence à Petrobras, considérée comme l’une des principales sociétés énergétiques d’Amérique latine.

Ces déclarations interviennent dans un contexte de forte volatilité du marché international de l’énergie, provoquée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, qui ont fait grimper le prix du pétrole et exercé une pression sur les prix des carburants dans plusieurs pays.

Selon le ministre, le gouvernement surveille le scénario mondial et discute des mesures pour atténuer les effets de la hausse des prix du pétrole sur l’économie brésilienne, mais il a souligné que toute décision doit respecter la structure institutionnelle de Petrobras et son statut de société à capital mixte. La volatilité du marché de l’énergie a suscité des inquiétudes quant à d’éventuels réajustements des prix des carburants au Brésil. Bien que Petrobras n’ait pas encore annoncé d’augmentation de ses prix dans les raffineries, les prix de certains postes de service ont commencé à augmenter en raison de l’influence des cours internationaux et de la participation des importateurs privés à la fourniture de carburant.

Selon les données du secteur, environ 25 pour cent du diesel consommé au Brésil est importé, ce qui rend le marché intérieur sensible aux variations externes du prix du pétrole et du carburant raffiné. En parallèle, le gouvernement brésilien prépare la prochaine réunion du Conseil national de politique énergétique (CNPE), prévue pour le 19 mars, au cours de laquelle il devrait discuter des lignes directrices des projets énergétiques, y compris le développement de l’énergie éolienne offshore.

Pour sa part, Petrobras a indiqué qu’elle cherchait à réduire l’impact de la volatilité internationale du pétrole sur le marché intérieur à travers sa stratégie commerciale et de raffinage, dans le but d’amortir les fluctuations externes sans compromettre la rentabilité de l’entreprise.