Le Bureau du Médiateur alerte sur la crise humanitaire et l’augmentation des déplacements forcés

Le conflit armé continue de laisser une profonde marque humanitaire en Colombie. Loin de diminuer, la violence continue de contraindre des milliers de personnes à quitter leur foyer ou à rester piégées sur leur propre territoire, sans garanties minimales de sécurité ni d’accès aux droits fondamentaux. En témoigne le dernier bulletin du Bureau du Médiateur sur la mobilité humaine forcée.

Entre le 1er janvier et le 30 novembre 2025 au moins 101 474 personnes ont été victimes de déplacements forcés dans différentes régions du pays. À ce chiffre s’ajoutent 110 375 autres personnes restées confinées, incapables de se déplacer en raison du contrôle armé des acteurs illégaux, des menaces et des affrontements. Au total, au cours de cette période, 116 événements de déplacement et 93 événements de confinement ont été documentés, une radiographie alarmante de la persistance du conflit.

Le rapport prévient que ces dynamiques affectent directement la droits fondamentaux des communautésavec un impact particulièrement grave sur les enfants et les adolescents. La violence a limité l’accès aux services essentiels tels que la santé, l’éducation, la nourriture et l’eau potable, aggravant les conditions de vulnérabilité et le risque humanitaire dans les territoires les plus durement touchés.

Norte de Santander, Nariño et Cauca concentrent la le plus grand nombre de cas de déplacements forcés, tandis que Chocó, Cauca et Huila enregistrent les niveaux de confinement les plus critiques. Dans ces zones, les communautés sont confrontées à des restrictions de mobilité, à des pénuries et à une présence institutionnelle insuffisante pour répondre à l’ampleur de la crise.

Compte tenu de ce panorama, le Bureau du médiateur a réitéré un appel urgent à l’État pour qu’il renforce les politiques de prévention et de soins, avec une approche territoriale qui permette des réponses différenciées et une présence institutionnelle efficace. L’organisation souligne la nécessité d’actions globales pour protéger les populations touchées et empêcher la répétition de ces événements.

Le bulletin rend également compte des comportements migratoires au cours de l’année 2025. Entre le 1er janvier et le 15 novembre, 141 128 personnes ont transité de manière irrégulière par la Colombie, dans le cadre du mouvements migratoires mixtes. Sur le total, 40,41% correspondent à des femmes, 38,27% à des hommes et 21,32% à des garçons, filles et adolescents. La majorité de ces personnes viennent du Venezuela, avec 136 950 inscriptions, suivi de l’Équateur, du Pérou et de la République dominicaine.

En parallèle, un flux migratoire inverse de 19 134 personnes est entré dans le pays depuis le Panama par la route de La Miel vers Capurganá, dans le Chocó. Une fois de plus, le Venezuela arrive en tête de liste des nationalités.

Le Bureau du Médiateur a averti que la mobilité humaine forcée et la migration irrégulière continuent de violer droits essentielsy compris la vie, la santé, l’alimentation, le travail et un logement décent, qui nécessitent une réponse immédiate et durable de l’État.