Le CPMI du coup d’État enquêtera sur tout, du blitz du PRF au 2e tour à la participation de l’armée

São Paulo – Par 18 voix pour et 12 contre, la Commission d’enquête parlementaire mixte (CPMI) qui enquête sur la tentative de coup d’État du 8 janvier, a approuvé ce mardi (6) le plan de travail présenté par la rapporteure de la collégiale, la sénatrice Eliziane Gama (PSD -MA). Outre l’invasion et la déprédation du quartier général des trois puissances, le rapporteur propose d' »examiner » les faits qui ont précédé l’attaque putschiste.

« La journée des déprédations n’a pas commencé à minuit le 8 janvier 2023, mais bien plus tôt, dans une succession d’événements qui, c’est le moins qu’on puisse dire, ont remonté le moral », a déclaré le parlementaire.

Comme point de départ, le plan de travail propose d’enquêter sur les performances d’Anderson Torres, ancien ministre de la Justice et ancien secrétaire à la Sécurité publique du District fédéral. Le rapporteur souhaite connaître la relation de Torres avec Silvinei Vasques, alors directeur de la police fédérale des autoroutes (PRF). Il a organisé des opérations éclair de la police afin de perturber le déplacement des électeurs du PT lors du second tour des élections.

Torres et Silvinei seraient également impliqués – au moins par défaut – dans les barrages putschistes, organisés par les bolsonaristes sur les autoroutes du pays, contre le résultat du second tour, qui a confirmé la troisième victoire du président Luiz Inácio Lula da Silva (PT ).

De même, l’omission de Torres le 8 janvier sera également l’un des objectifs du CPMI. Nouvellement assermenté, le secrétaire de l’époque s’était rendu en vacances aux États-Unis à la veille de la tentative de coup d’État à Brasilia, sachant même le risque que représentaient les groupes bolsonaristes arrivant dans la capitale fédérale.

12 et 24 décembre

Deux autres dates guideront les travaux du CPMI. Eliziane veut identifier les auteurs intellectuels, financiers et agents publics impliqués dans la nuit du 12 décembre 2022, lorsqu’un scénario de « barbarie » s’est déroulé autour du siège de la Police fédérale, à Brasilia. « Rappelons-le : le 12, la reconnaissance des élus à l’élection présidentielle a eu lieu », décrit le rapporteur.

L’autre date citée dans le plan de travail concerne la tentative d’attentat terroriste à l’aéroport de Brasilia, lorsque des bolsonaristes ont avoué avoir prévu de faire sauter un camion-citerne. L’intention était de provoquer le chaos dans la capitale fédérale, afin de permettre l’intervention de l’armée. « En fait, ce jour-là, la veille de Noël, alors que des milliers de passagers allaient et venaient de l’aéroport de Brasilia, le troisième plus fréquenté du pays, un engin explosif a été implanté dans un camion-citerne capable de provoquer une catastrophe ».

Camper au QG de l’armée et faire des raids

Le CPMI va également enquêter sur les camps putschistes dans les environs du quartier général de l’armée, à Brasilia. En outre, la commission a également l’intention d’avancer dans l’identification des mentors, des financiers et des exécuteurs de l’invasion de la Praça dos Três Poderes, le 8 janvier.

Dans le même temps, le plan prévoit la vérification de la planification et de la performance des organes de sécurité publique de l’Union et du District fédéral ce jour-là. L’objectif est d’identifier les causes et les responsables du « black-out » dans les mesures de confinement des manifestants. Un autre axe d’investigation proposé par le rapporteur fait référence aux manifestations publiques et sur les réseaux sociaux d’agents politiques contre le résultat des élections.

Enfin, la commission se penchera également sur les relations entre le lieutenant-colonel Mauro Cid, alors assistant de l’ancien président Jair Bolsonaro, avec des personnes impliquées dans de « possibles complots putschistes ». De même, il enquêtera également sur les performances des organes des forces armées et leurs relations avec les camps de la région du QG de l’armée.

Assignation

Outre le plan de travail, le rapporteur a joint 62 demandes, dont des demandes d’audition de témoins et des demandes d’information d’organismes publics chargés de la sécurité ou de l’enquête sur les actes du 8 janvier.

En ce sens, Eliziane suggère que les témoignages d’Anderson Torres et du général Augusto Heleno – ancien chef du Bureau de la sécurité institutionnelle (GSI) du gouvernement Bolsonaro – soient recueillis dans les premières semaines de la commission. Le rapporteur entend également entendre l’ancien ministre de la Défense du gouvernement Bolsonaro, le général d’armée Walter Braga Netto. Un autre témoin répertorié est le lieutenant-colonel Mauro Cid.

Les membres du gouvernement actuel seront également appelés à donner des explications. Parmi eux figurent le ministre de la Justice, Flávio Dino ; l’intervenant alors dans la Sécurité Publique du District Fédéral, Ricardo Capelli; et le général Gonçalves Dias, ancien ministre en chef du Bureau de la sécurité institutionnelle. Toutes les demandes doivent être approuvées à la majorité du CPMI. Le vote a eu lieu mardi prochain (13).