Le député de Bolsonaro dépose le protocole PEC pour museler le Tribunal fédéral

São Paulo – Avec la signature de 175 députés fédéraux, une proposition a été déposée ce jeudi (28), à la Chambre des députés, qui tente en pratique de museler le Tribunal suprême fédéral (STF). Il s’agit du Projet d’Amendement à la Constitution (PEC) 50/2023, appelé PEC « de l’équilibre des pouvoirs ». Le minimum pour qu’une PEC soit présentée est de 171 signatures.

Le texte est du député fédéral Domingos Sávio (PL-MG), qui fut autrefois un « toucan historique » et est devenu un « partisan enraciné de Bolsonaro ». Avec le PEC, l’extrémiste suit la « bible » de Jair Bolsonaro pleine de prêches contre le Tribunal suprême fédéral (STF), et tente de faire taire le tribunal en modifiant l’article 49 de la Constitution fédérale. Ce changement permettrait au Congrès national d’annuler, à la majorité qualifiée, les décisions de justice qui seraient censées « outrepasser » sa compétence.

L’affaire a tendance à échouer, mais elle est représentative de l’animosité avec laquelle la Cour suprême est perçue par les secteurs réactionnaires et extrémistes de la Chambre. Selon Sávio, la PEC vise à garantir « l’indépendance » entre les pouvoirs. Il affirme que le STF a fréquemment adopté « des attitudes visant à usurper le pouvoir du pouvoir législatif et à dépasser ses limites constitutionnelles ».

PEC contre la Cour suprême et l’agenda douanier

«Chaque jour, une décision vient du STF qui va à l’encontre de ce que dit la loi. Cet activisme politique met fin à la démocratie brésilienne », déclare Sávio. À titre d’exemple, il cite la décision de la Cour suprême qui a renversé la thèse du délai pour les terres indigènes, ainsi que les jugements sur la dépénalisation de l’avortement jusqu’à 12 semaines de gestation et sur la possession de drogues pour consommation personnelle.

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« Le Brésil a déjà une loi qui précise dans quelles situations l’avortement peut avoir lieu, mais le STF veut innover, veut aller plus loin, veut légiférer lui-même. Il veut également légiférer sur la libération de la drogue au Brésil, mais il existe déjà une loi qui qualifie cela de délit », dit le député. « Le droit de propriété est déchiré par le STF », ajoute-t-il en référence à l’échéancier.

La PEC doit être discutée et votée en deux tours dans l’une des chambres du Congrès. Pour être approuvé, il doit réunir les trois cinquièmes des voix des députés (308) et des sénateurs (49). Il n’y a aucune prévision quant à la date à laquelle la proposition parviendra à la plénière.

*Avec les informations de

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