Le gouvernement vénézuélien appelle au dialogue et critique l’ingérence américaine dans la politique nationale

La présidente en charge du Venezuela, Delcy Rodríguez, a défendu dimanche l’ouverture d’un dialogue politique comme moyen de résoudre les divergences et les conflits internes du pays, et a rejeté ce qu’elle a qualifié d’« ordres » de Washington concernant les actions des dirigeants politiques vénézuéliens.

Lors d’un événement avec les travailleurs du pétrole dans la ville de Puerto La Cruz, retransmis par la chaîne publique Venezolana de Televisión (VTV), le responsable a affirmé que les divergences politiques devaient être canalisées à travers des mécanismes promus depuis le pays lui-même et sans ingérence extérieure. Dans ce contexte, il a affirmé que le débat démocratique est nécessaire, à condition qu’il réponde à un agenda national.

Rodríguez a souligné que son gouvernement est disposé à ouvrir des espaces de discussion avec des secteurs qui soutiennent des positions différentes, dans une approche de respect, tout en avertissant que ceux qui, à son avis, cherchent à nuire au pays ne devraient pas faire partie de la vie politique nationale.

Dans ce sens, il a critiqué les dirigeants vénézuéliens qui ont soutenu ou salué les actions militaires étrangères contre le Venezuela, sans citer de noms, et s’est demandé si une attaque contre la population était célébrée.

Ces déclarations interviennent après qu’il a annoncé vendredi son appel à un « véritable dialogue » politique qui – comme il l’a indiqué – doit inclure à la fois les secteurs coïncidents et divergents.

La présidente en charge a confié cette tâche à son frère et président de l’Assemblée nationale, Jorge Rodríguez, et a souligné que le processus doit générer des résultats concrets et immédiats. Il a également insisté sur le fait que le dialogue doit être strictement vénézuélien et non conditionné par des ordres extérieurs, qu’ils viennent de Washington ou d’autres pays.

Un jour plus tôt, Rodríguez avait qualifié de « honteux » le fait que les citoyens vénézuéliens célèbrent ou remercient l’attaque militaire américaine au cours de laquelle le dirigeant Nicolas Maduro a été capturé.

Ces déclarations interviennent une semaine après la rencontre de la chef de l’opposition María Corina Machado avec le président américain Donald Trump.

Le 15 janvier, Machado s’est rendu à la Maison Blanche et a remis à Trump la médaille du prix Nobel de la paix 2025 décernée par le Comité Nobel norvégien. D’après des images publiées par le journal Poste de New Yorkla médaille était accompagnée d’un message de gratitude pour les actions du président américain visant, selon le texte, à la « liberté » du Venezuela.

Dans ce contexte, Trump avait déclaré le 4 janvier, dans un entretien au magazine atlantiqueque si la présidente par intérim vénézuélienne « ne faisait pas ce qu’il fallait », elle ferait face à un « prix très élevé », encore plus élevé que celui de Maduro.

Cependant, après une conversation téléphonique ultérieure, le président américain a décrit le 14 janvier le leader chaviste comme « une personne fantastique » avec laquelle il a affirmé avoir « très bien travaillé ».