La Colombie

Le point central du renouveau

Je l’ai déjà dit et je le répète : la meilleure politique sociale est l’emploi formel et digne. Elle est durable, génère du bien-être, génère de la richesse, profite à l’estime de soi et ouvre un avenir de possibilités pour tous dans la région.
Malheureusement, et malgré le double coup d’État d’un an et demi de Covid et les blocus illégaux de ces derniers mois, nos dirigeants continuent sans la capacité ni la volonté de tracer une voie claire et efficace pour réactiver l’économie.

L’emploi à Cali et dans sa région métropolitaine a beaucoup souffert. En mai, la ville avait un taux de chômage de 25%, soit 337 000 chômeurs. C’est 53 000 de plus qu’en avril, dont beaucoup ont été détruits par le chômage. Triste ironie, les jeunes cherchaient plus d’emplois et d’opportunités, mais ils ont bloqué les routes et ont fini par détruire le bien-être de milliers de familles et se priver de possibilités.

Les micro, petites et moyennes entreprises -mipymes- ont subi l’impensable en cette période. En décembre 2020, la Vallée comptait plus de 115 000 MPME. Aujourd’hui, ce nombre dépasse à peine les 99 000, soit une réduction de 15 %. Les MPME représentent ici 98% des entreprises et 80% de l’emploi formel. Cela signifie que la majeure partie des emplois détruits pendant la pandémie et les blocages correspondent à des MPME qui ont réduit leurs opérations ou fermé leurs portes. Par conséquent, si nous voulons récupérer le bien-être de dizaines de milliers de familles de Valle del Cauca, l’accent de la réactivation doit être résolument mis sur le sauvetage des MPME afin de générer des emplois.

L’urgence est d’ajuster l’offre institutionnelle aux niveaux national, régional et local pour réactiver le secteur. Les programmes doivent être lancés ou les programmes existants réorientés vers le besoin primaire des MPME, c’est-à-dire les ressources financières. Au niveau national, les initiatives pour les entrepreneurs comme le Fondo Emprender del Sena ou INNpulsa doivent allouer la moitié de leurs ressources pendant 18 mois à des subventions non remboursables pour les MPME risquant de fermer ou ayant fermé à cause de la crise. Les entreprises établies sont plus susceptibles de décoller et de rester dans le temps que les startups partant de zéro.

Au niveau départemental, il devrait en être de même avec ValleINN. Ce programme doit être géré dans la transparence et il faut veiller à ce que l’essentiel de son budget atteigne les hommes d’affaires et les entrepreneurs et non qu’il reste entre les mains d’opérateurs, d’intermédiaires ou de mécénat. Cali s’apprête à mettre en place le Fonds de solidarité avec une contribution initiale de 50 milliards de dollars, c’est un bon premier pas. Mais il craint qu’une partie indéterminée de ces ressources ne soit utilisée pour la formation. Si ce que nous voulons, c’est créer des emplois, il serait plus efficace d’utiliser cet argent pour étendre les garanties du Fonds national de garantie qui permettent aux mypimes d’accéder aux prêts.

Enfin, depuis la Vallée nous devons nous battre pour que deux articles clés demeurent dans la réforme fiscale que le Gouvernement prépare. Le premier est que le Programme d’aide à l’emploi formel -Paef- soit prolongé dans la Vallée jusqu’en juin 2022 pour les entreprises qui génèrent deux emplois formels ou plus. La seconde devrait permettre des retours automatiques du Dian pour les MPME et générer un taux de revenu différentiel pour ce secteur de 24%.

Il existe un moyen de sortir de cet écart en créant des affaires et des opportunités. Les micro, petits et moyens entrepreneurs sont un élément fondamental de la reprise. En les soutenant avec les liquidités dont ils ont besoin, nous transformerons ce martyre socio-économique que nous vivons.

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