Le président Noboa procède à la réduction du gouvernement et ordonne la fusion des ministères

L’exécutif équatorien a officialisé une restructuration drastique de son appareil d’État, réduisant le nombre de portefeuilles de 14 à 10 par les décrets exécutifs 425, 426 et 427. Cette mesure, promue par le président Daniel Noboa, s’aligne sur l’agenda des secteurs internationaux d’extrême droite, qui promeuvent systématiquement la réduction de la taille de l’État pour démanteler sa fonction sociale et donner la priorité à la libre action du capital privé au-dessus du bien-être collectif.

Sous l’argument de l’efficacité administrative, le Gouvernement approfondit le processus d’ajustement institutionnel entamé en 2025.

Cependant, les analystes préviennent que ce compactage de la fonction exécutive répond à un modèle qui cherche à limiter la capacité de régulation de l’État et à faciliter le transfert des pouvoirs publics au secteur privé, dans le cadre d’un schéma de gestion d’entreprise qui relègue au second plan les obligations fondamentales de l’État envers les citoyens.

Concentration du pouvoir et démantèlement de l’investissement social

La nouvelle structure se distingue par la création du ministère du Développement économique et productif, une entité qui absorbe les compétences de l’économie et des finances, de l’agriculture, de la production, du commerce extérieur, des investissements et de la pêche.

En fusionnant la gestion budgétaire avec les domaines productifs, le gouvernement centralise les décisions économiques selon une vision technique qui subordonne les besoins de l’agriculture et du secteur social aux intérêts de l’investissement privé et de l’ouverture du commerce extérieur.

De même, la création du ministère des Infrastructures et de la Technologie, qui regroupe les Travaux publics et les Télécommunications, et la formation du ministère du Travail et du Développement humain – qui intègre les portefeuilles de protection sociale avec la gestion du travail – démontrent une stratégie de fusion qui, selon les secteurs critiques, affaiblit la spécificité des politiques publiques.

En concentrant les politiques d’emploi et de protection sociale dans une seule institution, l’Exécutif affaiblit la portée des programmes d’attention aux groupes prioritaires, les transformant en outils gérés dans une logique d’austérité fiscale imposée par les organisations internationales.

Vers un État minimal au service du marché

Le Secrétariat général de l’administration publique et de la planification a justifié cette réorganisation comme une réponse à la nécessité d’éliminer les doubles emplois et d’optimiser les ressources. Cependant, cette refonte institutionnelle représente une étape significative vers le concept d’« État minimal ».

Cette configuration politique, applaudie par les élites économiques et les acteurs mondiaux d’extrême droite, cherche à démanteler les structures sociales qui garantissaient les droits fondamentaux, réduisant l’État à un rôle facilitant l’accumulation de capital privé.

La consolidation de cette structure compacte est considérée comme une conformité directe avec les directives des organisations financières mondiales, qui ont historiquement fait pression sur les gouvernements latino-américains pour qu’ils réduisent les dépenses publiques dans les domaines sensibles.

Avec cette mesure, l’Équateur s’adapte à un modèle de gouvernance qui donne la priorité à l’équilibre macroéconomique plutôt qu’à la justice sociale, laissant sans protection les secteurs qui dépendaient d’un État présent activement dans l’économie et garantissant les droits fondamentaux.