Imaginez un instant le bourdonnement imperceptible de l’électricité. C’est partout, nourrissant la lumière avec laquelle vous lisez cette réflexion, l’appareil que vous tenez entre vos mains, le réfrigérateur qui garde votre nourriture … nous l’oublions simplement, sauf quand ce n’est pas le cas. En tout cas, il est là et fonctionne. L’intelligence artificielle (IA), bien qu’il semble inévitable d’arrêter d’écouter ses cris de développement, continuera le même chemin: il cessera d’être le protagoniste qui nous éblouit aujourd’hui pour nous empêcher de voir au-delà et deviendra le rythme caché de notre environnement. Donc, la grande question est: de quoi parlerons-nous lorsque le bruit de l’IA deviendra un silence électrique?
Les universités devraient cesser de se demander seulement comment produire plus d’intellectuels, mais pour quel monde ils forment les futurs scientifiques et technologues. Les progrès ne seront pas soutenus uniquement sur les algorithmes, mais sur la convergence du numérique, physique et biologique. C’est la tâche.
L’analyse des tendances qui vont au-delà de l’IA indiquent les « poètes de la matière »: les ingénieurs en biologie synthétique, par exemple, les architectes des vivants qui ne programmeront pas en Python, mais dans le code de vie lui-même. Ils concevront des organismes qui dévoreront notre pollution dévastatrice, imprimeront des organes ou fabriqueront des matériaux de construction qui guériront leurs propres fissures. Ils seront les alchimistes d’une nouvelle révolution industrielle, silencieuse et durable.
Une autre tâche qui est présentée aux cartographes de la conscience ou du neuroinger est de transcender la médecine et d’entrer dans l’essence même de l’expérience humaine. Il s’agit d’obtenir la première connexion directe entre le cerveau et le nuage de données, ce qui permettra de dessiner des cartes et de démêler les mystères de la mémoire et de l’apprentissage. Pendant ce temps, notre société doit discuter des limites bioéthiques de la vie privée mentale.
À la base de tout cela, les physiciens et les ingénieurs quantiques domineront la nature à leur échelle la plus fondamentale et rendront les simulations possibles qui sont aujourd’hui des rêves, comme la conception de médicaments contre les médicaments, découvrant les supraconducteurs à température ambiante qui éliminent les pertes d’énergie ou créent de nouveaux états de matière qui remettent en question notre créativité. La révolution de l’énergie est indispensable, au-delà de l’IA, qui, soit dit en passant, exige des niveaux indispononables.
Ainsi, l’IA peut être l’échafaudage invisible sur lequel cette nouvelle cathédrale de connaissance sera soulevée, mais notre mission dans la création de l’avenir est de reconnaître le cadre et de former les architectes, les maçons et les explorateurs qui sauront quoi y construire. Demain ne sera pas du silicium, mais de la vie, de l’esprit et de la matière. Préplions la génération qui le rendra possible.
@betancourt_phd