Le Bureau du Procureur général de Colombie a saisi quatre biens évalués à plus de 45,467 millions de pesos (14,1 millions de dollars) appartenant au chanteur Charlie Zaa. Cette mesure fait partie d’une enquête visant à déterminer si ces objets ont été acquis grâce aux ressources des Forces unies d’autodéfense de Colombie (AUC), rapporte EFE.
« Il s’agit d’un centre commercial, de deux discothèques et d’un hôtel situés à Girardot (Cundinamarca) et Ibagué (Tolima) », a indiqué le parquet dans un communiqué publié vendredi.
L’enquête soutient que l’ancien commandant du bloc Tolima des AUC, Diego José Martínez Goyeneche, alias Daniel, aurait pu faire appel à des tiers pour effectuer des mouvements d’argent et des investissements immobiliers dans le but de dissimuler l’origine illicite des ressources.
L’enquête a débuté en 2025
Charlie Zaa, nom de scène de Carlos Alberto Sánchez Ramírez, est l’un des artistes de boléro les plus reconnus de Colombie. Il est devenu célèbre à la fin des années 1990 avec des albums tels que « Sentimientos » et « A Second Sentiment ». Tous deux se sont vendus à des millions d’exemplaires en Amérique latine.
L’enquête a débuté en juillet 2025. À cette époque, le Tribunal supérieur de Bogotá a ordonné les premières mesures conservatoires sur le patrimoine de l’interprète de boléro. C’est dans le cadre d’un processus de confiscation de domaine.
À l’époque, le parquet avait indiqué que les propriétés auraient pu être acquises grâce aux ressources du bloc Tolima des AUC et ensuite utilisées à des fins de blanchiment d’argent.
Le bloc Tolima a fonctionné entre 1998 et 2005, selon le Centre national de la mémoire historique. Il a été impliqué dans au moins 20 massacres, 270 meurtres collectifs et plus de 180 disparitions forcées.
Témoignages d’anciens paramilitaires
L’affaire est née des témoignages d’anciens membres de ce groupe paramilitaire dans le cadre de la procédure relative à la loi Justice et Paix. Ils ont indiqué que le chanteur aurait été le « visage visible » d’actifs liés à l’alias Daniel, décédé en 2009.
Après avoir pris connaissance de l’enquête l’année dernière, Charlie Zaa a rejeté les allégations et demandé le respect de sa présomption d’innocence.
L’artiste a ensuite assuré que tous ses biens sont le résultat d’un « travail honnête et constant » durant plus de trois décennies de carrière et a exprimé sa volonté de collaborer avec les autorités pour prouver son innocence.