Les centres surveillent la qualité des médicaments

Cherchant à renforcer le système national de santé publique, l’Institut national d’hygiène Rafael Rangel (Inhrr) a créé les centres effecteurs de pharmacovigilance.

Il s’agit d’unités activement promues qui représentent la première ligne de défense pour garantir que les traitements médicaux consommés par la population répondent aux normes de sécurité et d’efficacité les plus élevées.

Le Dr Ana Cecilia Pelay, directrice du Centre national de surveillance pharmacologique (Cenavif), explique qu’un centre effecteur est l’organisme technique chargé de collecter, traiter et formaliser les notifications d’effets indésirables aux médicaments qui surviennent quotidiennement en milieu hospitalier et communautaire.
Ces centres font office d’antennes de réception des alarmes sanitaires au sein même des centres de santé et des pharmacies.
Pour qu’un de ces centres fonctionne de manière optimale dans n’importe quelle institution, le Dr Pelay précise qu’une structure technique et humaine très spécifique et accessible est nécessaire.

Technologie. « Il faut un système informatique adéquat, un équipement informatique opérationnel et, surtout, un professionnel qualifié qui assume la responsabilité d’enregistrer de telles alertes », explique-t-il.

Habituellement, cette tâche incombe au responsable pharmaceutique des établissements, qui devient le pont direct entre le personnel de santé qui détecte le problème et les autorités sanitaires nationales.

Dans le domaine de la santé, on entend par effet indésirable d’un médicament tout effet nocif, indésirable ou secondaire qu’un médicament produit lorsqu’il est utilisé strictement selon l’indication et la posologie approuvées par les autorités réglementaires.
Pelay l’illustre très clairement : si une personne utilise de l’acétaminophène pour soulager la douleur ou la fièvre – qui sont ses indications médicales autorisées – et ressent un symptôme nocif inattendu, cela constitue un effet indésirable à signaler.

Au contraire, l’usage abusif d’un médicament à des fins non autorisées échappe à cette catégorie réglementaire.

Alliances stratégiques. Le déploiement de ces unités a pris un nouvel élan grâce à l’articulation institutionnelle. Récemment, l’Institut National d’Hygiène a signé des accords stratégiques avec l’Autorité Unique de Santé de Caracas, le réseau public Farmapatria et la chaîne privée Farmatodo.

Cette alliance mixte a pour objectif prioritaire la création et la mise en place de nouveaux centres effecteurs de pharmacovigilance tant en milieu hospitalier qu’en pharmacie d’accès libre.

Lors de la signature de ces accords, le Dr Luisana Melo, présidente de l’Institut national d’hygiène Rafael Rangel, a souligné la valeur stratégique de la coopération entre les secteurs public et privé.

A travers une publication sur les réseaux sociaux, il a expliqué qu’un centre effecteur fonctionne comme un espace ouvert où tant le citoyen commun que le personnel médical ou infirmier peuvent signaler des effets secondaires qui, souvent, ne sont même pas décrits dans les notices ou les notices des médicaments.

Ainsi, l’initiative permet à l’institut de collecter des données en temps réel et de prendre des mesures correctives immédiates sur les lots de médicaments distribués sur tout le territoire national.

Le pouvoir du reportage de masse. Bien que le rapport spontané et individuel des citoyens soit extrêmement précieux, la consolidation d’un centre effecteur formalisé dans chaque communauté ou hôpital multiplie de façon exponentielle l’efficacité du système.

La centralisation des notifications permet d’identifier des schémas de risque qui autrement passeraient inaperçus.

Lorsqu’un citoyen signale en isolement qu’un médicament lui a causé un inconfort inattendu, les autorités mettent en place un protocole de surveillance rigoureux.

Cependant, le véritable impact de la pharmacovigilance est activé lorsque des rapports massifs et simultanés sont reçus. Si plusieurs personnes de différentes régions signalent que le même médicament « X », appartenant à un laboratoire spécifique, génère un effet indésirable identique, le Cenavif et l’Inhrr interviennent immédiatement de manière drastique.

Les mesures de réponse varient en fonction de la gravité du constat. Dans les cas modérés, il est ordonné de modifier obligatoirement le texte des emballages ou des notices des produits en ajoutant des avertissements explicites pour alerter les prescripteurs.

  • Mesures. Dans des situations très dangereuses, dans lesquelles un défaut de formulation en laboratoire ou une contamination d’un lot spécifique est prouvé, les autorités suspendent immédiatement la commercialisation et retirent ledit produit du marché.
  • Système. L’objectif suprême de ce réseau est de consolider une population saine et protégée. L’atteinte de ce bien-être général dépend, entre autres facteurs, de la fiabilité du marché pharmaceutique.
  • Attention à l’ensemble de la population. La participation ne se limite pas aux seules institutions : tout citoyen qui subit un effet indésirable peut accéder au lien de signalement sur le site officiel de l’Institut National d’Hygiène pour enregistrer numériquement ce qui lui arrive avec son traitement, ajoutant ainsi sa voix à cet effort collectif pour la santé publique. Ainsi, l’attention est portée à l’ensemble de la population.