Les États-Unis exemptent du paiement de la caution ceux qui possèdent des billets pour la Coupe du monde de football

Le gouvernement des États-Unis, sous l’administration de Donald Trump, a annoncé une rectification clé de sa politique d’entrée pour les participants étrangers à la Coupe du monde de football. Le sous-secrétaire d’État aux Affaires consulaires, Mora Namdar, a confirmé que les supporters ayant acheté des billets pour des matches aux États-Unis seront exemptés du paiement de cautions de plusieurs milliers de dollars.

Cette mesure vise à faciliter le flux de visiteurs internationaux qui remplissent les conditions d’inscription au programme FIFA Pass, activé depuis le 15 avril. La décision représente un soulagement important pour des milliers de personnes, après les exigences strictes imposées par la Maison Blanche qui ont compliqué l’accès pour les citoyens de pays considérés comme ayant « des taux élevés de violations de visas ».

Auparavant, le Département d’État exigeait des dépôts allant jusqu’à 15 000 dollars des voyageurs en provenance de 50 pays spécifiques. Grâce à cette flexibilité, les supporters des nations classées comme l’Algérie, le Cap-Vert, la Côte d’Ivoire, le Sénégal et la Tunisie pourront s’inscrire sans cette taxe financière, à condition d’avoir leurs billets et l’inscription officielle du tournoi.

Outre les supporters, l’exemption s’étend aux membres des équipes qualifiées, notamment les joueurs, les entraîneurs et le personnel de soutien. Le Département d’État a fait valoir que cette mesure tente d’équilibrer les priorités en matière de sécurité nationale avec la facilitation des voyages légitimes pour un événement d’ampleur mondiale.

Cependant, cette mesure est considérée comme une réponse nécessaire aux critiques concernant l’impact négatif que les politiques de « tolérance zéro » produisaient sur l’organisation de l’événement sportif.

Peur des raids de l’ICE et du resserrement de l’immigration

L’assouplissement de la caution intervient dans un climat de haute tension en raison de la mise en œuvre de mesures d’immigration extrêmes depuis le début du mandat de Trump en 2025. Les touristes étrangers s’inquiètent largement du risque d’être capturés par l’Immigration and Customs Enforcement Service (ICE).

L’administration n’a pas exclu de réaliser des opérations et des raids massifs pendant la Coupe du monde, ce qui a suscité la peur même parmi les visiteurs munis de documents légaux, en raison de possibles erreurs d’identification ou de profilage racial.

Cette incertitude a obligé le gouvernement à faire preuve de plus de flexibilité envers les citoyens de pays dont le nom est considéré avec méfiance par l’administration actuelle, comme le Venezuela, Cuba ou le Nicaragua.

La mise en place du FIFA Pass se présente comme un outil pour tenter de « nettoyer » le profil des voyageurs avant leur arrivée, en proposant des rendez-vous prioritaires et en omettant les dépôts financiers. Toutefois, les défenseurs des droits de l’homme préviennent que le déploiement d’agents fédéraux dans les villes hôtes pourrait ternir la célébration sportive.

FIFA Pass comme mécanisme de contrôle et d’accès

Pour accéder à l’exemption de caution, les intéressés doivent utiliser le système de rendez-vous prioritaires lancé en novembre dernier. Ce programme a été conçu à l’origine pour résoudre les longs délais d’attente dans les consulats, mais il fonctionne désormais comme le seul passage sûr pour éviter les paiements de 5 000, 10 000 ou 15 000 dollars exigés par le visa touristique B2.

Le gouvernement américain cherche ainsi à disposer d’un registre détaillé de chaque étranger entrant dans les stades, en maintenant un contrôle strict de leur séjour.

Malgré les ajustements économiques, les autorités ont insisté sur le fait que les contrôles de sécurité aux frontières resteraient rigoureux. L’organisation de la Coupe du monde dans les trois pays hôtes (États-Unis, Mexique et Canada) est confrontée au défi de garantir une expérience sûre aux supporters tout en coexistant avec l’une des époques d’immigration les plus restrictives de l’histoire récente des États-Unis.

La flexibilité annoncée aujourd’hui est une tentative d’économiser l’aide internationale face à la menace de stades vides en raison des barrières bureaucratiques et de la peur des expulsions.