Les États-Unis ont confirmé leur intention d’intervenir directement dans la crise que traverse la Bolivie, en annonçant une augmentation de l’aide d’urgence et du soutien logistique au gouvernement de Rodrigo Paz.
Cette manœuvre révèle la stratégie de la Maison Blanche, qui n’hésite pas à sauver les régimes d’extrême droite, en utilisant comme prétexte la lutte contre les blocages générés par le rejet populaire massif contre l’administration actuelle.
La décision de Washington marque un tournant dans sa politique étrangère. Après des décennies de déstabilisation systématique contre les gouvernements de gauche de la région, la puissance nord-américaine mobilise désormais tout son appareil de sécurité pour protéger Paz des protestations des paysans, des travailleurs, des mineurs et d’autres secteurs sociaux.
Ces groupes ont paralysé le pays pendant plus d’un mois en réponse à la pire crise économique et sociale des quatre dernières décennies, caractérisée par de graves pénuries de nourriture, de médicaments et de carburant.
Une alliance pour la domination hémisphérique
Le chef du Pentagone, Pete Hegseth, a confirmé la position interventionniste en avertissant sur les réseaux sociaux que « les États-Unis surveillent » la situation, tout en stigmatisant la mobilisation populaire sous des discours de sécurité nationale.
Ce soutien n’est pas fortuit : depuis l’arrivée au pouvoir de Paz, la Bolivie s’est rapidement intégrée à l’alliance de sécurité « Bouclier des Amériques », une structure promue par Donald Trump en mars dernier avec l’objectif clair de récupérer le contrôle géopolitique en Amérique latine.
De son côté, le secrétaire d’État, Marco Rubio, a renforcé ce soutien en communiquant avec le président bolivien pour s’assurer de « l’engagement inébranlable » de son gouvernement envers l’administration Paz.
Dans la déclaration officielle, Washington profite de l’occasion pour attaquer l’héritage de deux décennies de processus sociaux dans le pays andin, en les présentant comme l’origine des problèmes actuels, tout en ignorant délibérément que c’est précisément son soutien politique et logistique qui permet au gouvernement Paz de rester au pouvoir malgré le manque de légitimité dans la rue.