Les Vénézuéliens insistent sur le dialogue mais rejettent la pression militaire américaine

Le 3 février marque le premier mois du bombardement américain du Venezuela, un événement qui a marqué la mémoire collective et maintient le pays sous siège militaire dans les Caraïbes. Depuis, Washington n’a pas retiré ses forces navales ou aériennes, et les déclarations de ses autorités comportent des avertissements qui, selon les analystes, cherchent à influencer les décisions politiques de Caracas dans une logique de coercition.

Dans ce contexte, les secteurs sociaux et politiques vénézuéliens ont réaffirmé que le pays était disposé au dialogue, mais qu’il n’était pas menacé. « Nous voulons parler, mais pas avec une arme pointée sur notre tête », expriment des voix citoyennes et officielles, en référence aux conditions qui accompagnent les récents contacts avec les États-Unis, citées dans un article publié par Xinhua.

La présidente par intérim Delcy Rodríguez a confirmé avoir eu des entretiens avec le président Donald Trump et le secrétaire d’État Marco Rubio, mais a souligné que tout accord doit être fondé sur le respect de la souveraineté nationale.

Contradictions dans le discours américain

Le 28 janvier, Rubio a déclaré que les États-Unis étaient « prêts à recourir à la force pour assurer une coopération maximale si d’autres méthodes échouent ». La phrase a été interprétée à Caracas comme un message intimidant, loin du langage diplomatique. Dans le même temps, Washington a proposé des négociations autour du pétrole, ce qui génère une contradiction : parler d’accords économiques alors que la menace de nouvelles attaques militaires demeure. Pour les autorités vénézuéliennes, aucun processus d’entente ne peut se construire sur la base du chantage armé.

Résistance institutionnelle et continuité

Après l’attentat du 3 janvier, le Venezuela n’a pas connu d’effondrement institutionnel. Les structures étatiques ont continué à fonctionner et la société a exprimé son rejet de la violence extérieure à travers des marches et des mobilisations. L’Institut vénézuélien de recherche scientifique (Ivic), l’un des centres les plus touchés par les attentats, a commencé les travaux de reconstruction, tandis que les citoyens insistent sur le fait que le pays est toujours debout et engagé dans des solutions politiques. Le discours officiel souligne que le Venezuela ne demande pas de privilèges, mais du respect. Dans la rue, les mobilisations exigent que les menaces cessent et que le dialogue se construise sans conditions militaires.

Paix et souveraineté comme principes

L’article d’opinion publié par Xinhua souligne que les Vénézuéliens font la distinction entre diplomatie et ultimatums, entre coopération et subordination. La paix, soulignent-ils, ne se construit pas avec des porte-avions ou des communications de force, mais en reconnaissant l’autre comme un interlocuteur légitime. Un mois après l’attentat, la société vénézuélienne insiste sur le fait que le bonheur social est lié à l’indépendance, à la souveraineté et à la liberté, principes qui ne peuvent être négociés sous la pression militaire.