La Colombie

Liberté et ordre

Pour qu’il y ait liberté, il est essentiel qu’il n’y ait pas seulement la notion abstraite que vous êtes libre de choisir vos actions, mais la capacité d’exercer cette liberté. (Daron Acemoglu et James A. Robinson, « The Narrow Corridor / States, Societies and How to Achieve Freedom », 2019, p. 26).
Et, d’autre part, « l’ordre », suivant les définitions données par la DLE, en vient à être le placement des choses à leur juste place et leur volonté les unes aux autres à travers une règle ou un moyen d’y parvenir suivant une série ou une succession ; déterminants qui sont tous indispensables pour parvenir à la liberté en évitant de tomber dans l’anarchie dans le couloir hasardeux et étroit de leur quête.

« Le problème de la liberté, cependant, recouvre plusieurs aspects. Ces mêmes normes qui ont évolué pour coordonner les actions, résoudre les conflits et générer une interprétation partagée de la justice, créent également une cage, qui impose aux gens un type de domination différent, mais qui leur enlève aussi leur pouvoir ». (p. 41).
Qu’advient-il précisément des croyances, qu’elles soient religieuses, historiques, politiques, sociales et même économiques, qui amènent les gens à ne pas penser et croire qu’ils sont libres même s’ils ne le sont pas, et que la fausse liberté de beaucoup empêche la vraie liberté pour tous Elle est garantie par l’ordre commun et le respect dû aux autres, même s’ils sont peu nombreux.

« Lorsque les traditions et les coutumes deviennent si profondément enracinées, elles commencent à réguler de nombreux aspects de la vie des gens. » (p.46). C’est-à-dire qu’il faut toujours veiller à ce que l’ordre nécessaire des choses ne devienne pas négatif en ne les maintenant pas à leur juste place et conduise à restreindre la liberté de tous et, finalement, cela conduit au rejet, même violent, de la traditions et coutumes. Et on pourrait en dire autant de ces coutumes récentes apportées d’ailleurs et qui sont socialement imposées par les modes à des fins purement commerciales et non le produit d’une transculturation créative, comme si elles l’étaient lentement avant.

« La liberté ne peut pas être planifiée et son sort ne peut être garanti avec un système intelligent de freins et contrepoids. La mobilisation, la vigilance et l’affirmation de la société sont nécessaires à son fonctionnement ». (p.99). Pour cela, une éducation plus abondante et bien meilleure est nécessaire pour tous, qui permette de former des citoyens qui pensent profondément et pas simplement croient ; Autrement dit, éduqués et pas seulement éduqués, ce qui leur permettra, lorsqu’ils ont déjà de l’expérience et dans le respect des règles et des voies, de trouver ce qu’il faut faire pour que les choses évoluent successivement mais seulement dans la mesure où il est juste ce qui est nécessaire, en évitant de chuter davantage.

Comme Roosevelt l’a souligné, « … la vraie liberté individuelle ne peut exister sans sécurité et indépendance économiques. » (p.613). C’est-à-dire sans ordre, mais pas seulement économique, mais aussi social et culturel, et urbain bien sûr, bien qu’ici et maintenant peu comprennent l’importance des villes. Autant d’aspects dont l’ordre est garanti par la politique, en l’occurrence la démocratie, bien qu’étant « le moins mauvais des systèmes politiques » comme disait Churchill. La liberté sans ordre conduit à l’anarchie puisque sans liberté ni ordre ; et l’ordre sans liberté imposé à la société par la dictature ; c’est pourquoi mieux Ordre et Liberté à la fois et changer dans le bouclier national l’ordre de sa devise.
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