« Nous sommes prêts ! » : Maduro entame un troisième mandat remis en question au Venezuela

Le président vénézuélien, Nicolas Maduroassume ce vendredi son troisième mandat consécutif en Venezuelaau milieu d’accusations de fraude et d’isolement international, mais avec le soutien des militaires et du reste des pouvoirs de l’État à ses pieds.

L’investiture a lieu au lendemain d’une marche de l’opposition qui s’est terminée par la dénonciation d’une brève arrestation de sa leader María Corina Machado, que le gouvernement a niée et qualifiée d’« invention », alors que le projet d’entrée en fonction d’Edmundo González Urrutia devient de plus en plus improbable. toutes les heures.

« Nous sommes prêts ! Le 10 janvier, le candidat à la présidentielle, élu et proclamé par les autorités électorales, prêtera serment devant l’Assemblée nationale », a écrit Maduro sur sa chaîne Telegram. « Il n’y aura ni fascisme (terme utilisé pour désigner l’opposition) ni impérialisme qui pourront l’arrêter. »

L’événement est prévu à midi (16h00 GMT) au siège de la Parlementque le chavisme contrôle. Maduro – qui a déjà mobilisé ses partisans jeudi – a appelé à ce que les gens se rassemblent « par millions » pour l’investiture.

« Le 10, je jure avec Maduro pour l’avenir », peut-on lire sur de gigantesques panneaux publicitaires avec le visage du président de gauche.

Aux alentours du Parlement et du reste des pouvoirs publics, au centre de Caracasle dispositif sécuritaire déjà massif a été renforcé, confirme l’AFP : rues bloquées, davantage de barrages de police, davantage de soldats à chaque coin de rue, tous lourdement armés. Les magasins sont ouverts mais la circulation est faible.

Le Venezuela a également ordonné la fermeture de sa frontière terrestre et de son espace aérien avec la Colombie jusqu’à lundi, après avoir eu connaissance d’un prétendu « complot international ».

Les allégations de projets visant à renverser Maduro sont fréquentes, la Colombie et les États-Unis étant généralement responsables.

Washington – qui nie tout complot – a exprimé sa reconnaissance González Urrutiaqui s’est rendu à la Maison Blanche cette semaine. Le prochain président, Donald Trump, l’a qualifié jeudi de « président élu ».

Le chef de l’opposition se trouve en République dominicaine, dernière étape d’une tournée internationale qui devait se terminer par un vol privé à destination de Caracas pour tenter de prêter serment à la présidence.

Il n’y a aucune information à ce sujet ou sur toute autre stratégie. Le gouvernement a prévenu qu’il le traiterait comme un « envahisseur » s’il tentait d’entrer sans autorisation.

Au pouvoir depuis 2013, oint par le défunt Hugo ChávezMaduro a gouverné d’une main de fer avec le soutien des forces armées. Il a été qualifié de « dictateur » par ses détracteurs.

González Urrutia a appelé ceux en uniforme à le reconnaître, mais la hiérarchie a juré une « loyauté absolue » à Maduro.

« Le secteur militaire est encore plus crucial qu’avant les élections pour décider si le gouvernement Maduro reste ou si s’ouvre la possibilité d’une transition », a expliqué à l’AFP Mariano de Alba, avocat spécialisé dans les relations internationales.

Dans la perspective du prochain mandat de six ans, Maduro propose une « réforme majeure » de la Constitution, qui suivrait la voie de l’approbation de nouvelles lois qui, selon les experts, réduisent les libertés. Il promet également une reprise économique, après avoir passé une grande partie de ses 12 années au pouvoir dans la récession, une inflation élevée et des pénuries.

Plus de sept millions de Vénézuéliens ont émigré fuyant la crise, selon l’ONU.

Mais à l’horizon, de nouvelles sanctions possibles apparaissent avec l’arrivée de Trump, qui, dans son premier gouvernement, a imposé un embargo pétrolier.