Le président de la Colombie, Gustavo Petro, a officialisé le début du chemin vers une Assemblée nationale constituante lors d’un Conseil des ministres à Carthagène. Avec son cabinet, le président a signé la demande formelle qui vise à transformer les structures sociales du pays.
Ce mouvement politique dispose déjà d’un comité de promotion inscrit au Registre National pour coordonner les actions juridiques pertinentes. Le chef de l’Etat a précisé que le processus évite toute interférence avec le calendrier électoral en cours. La première étape nécessite la collecte de plus de 2,5 millions de signatures de citoyens pour approuver la proposition auprès des autorités.
Petro estime que cette initiative représente un mandat direct du peuple colombien pour débloquer des réformes fondamentales que l’Exécutif considère comme urgentes. La présentation officielle du projet devant le Parlement aura lieu après le 20 juillet 2026.
Cette date garantit que la discussion portera sur le nouveau Congrès que les citoyens éliront le 8 mars. De cette manière, le débat constituant ne commencera qu’après avoir connu les résultats des élections présidentielles prévues pour mai de la même année.
Un programme de transformation sociale et structurelle
Le projet présenté par le président envisage neuf points cruciaux pour l’avenir de la nation. La priorité absolue consiste à sauver les réformes sociales qui ont rencontré des blocages dans le passé, notamment dans des secteurs tels que la santé, les retraites et l’éducation.
En outre, Petro propose d’élever au rang constitutionnel les questions modernes telles que la souveraineté des données et la gestion de l’intelligence artificielle. La proposition comprend un approfondissement drastique de la réforme agraire et établit des mécanismes d’adaptation face à la crise climatique mondiale.
Le président envisage un nouvel ordre territorial qui modifierait la répartition du pouvoir dans les régions colombiennes. Ces mesures visent à décentraliser l’exécution des politiques publiques et à renforcer l’autonomie des entités territoriales sur tout le territoire.
Le document suggère également de profonds changements dans le système judiciaire, tout en préservant intacte la structure de la Cour constitutionnelle. Dans le domaine politique, Petro promeut une réforme électorale qui transforme le financement des campagnes électorales et instaure le vote obligatoire. Le plan couvre la mise en œuvre immédiate des accords de paix et une nouvelle stratégie globale de sécurité contre le trafic de drogue.
Vers la création d’une Confédération Grancolombienne
Le point le plus ambitieux et le plus perturbateur de la proposition de Petro propose la création d’une Confédération Grancolombienne des Nations. Cet axe vise à revenir à l’idéal d’intégration régionale pour renforcer le poids politique et économique de la zone sur la scène internationale. Le président défend la pertinence de ce modèle comme outil pour faire face aux défis communs entre nations sœurs.
Malgré l’enthousiasme du gouvernement, la réalisation de l’Assemblée constituante se heurte à un chemin juridique et législatif complexe. L’initiative dépend strictement de l’approbation d’une loi par le Congrès et de l’approbation ultérieure de la Cour constitutionnelle. Chaque étape nécessite le respect rigoureux des procédures établies dans l’actuelle Magna Carta pour garantir sa légitimité. Pour que l’appel final soit valide, le processus a besoin du soutien aux urnes d’au moins un tiers des listes électorales. Cette exigence garantit qu’une partie significative de la population valide le changement des règles du jeu démocratiques. Le Gouvernement entame désormais une phase de pédagogie nationale pour convaincre les citoyens de la nécessité de ce nouveau contrat social.